samedi 18 avril 2020

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Il n'y a pas linéarité, mais circularité: on part d'un point A et aboutit à un point B qui contient toutes les causes du point A sous la forme d'effets - c'est cela le point B, et il ferme le cercle.

jeudi 16 avril 2020

"No-fiction"

Pourquoi faut-il en littérature ne raconter que ce que l'on vit? Parce que nul ne sachant ce qu'il vit, c'est cela qui se nomme fiction, le reste n'étant que de l'écriture de scénaristes coupés de l'existence personnelle.

Mouvement 12

Grande fatigue, et ce n'est pas faute de dormir (11 heures). Peut-être est-ce l'effet mental du demi-parcours dans l'écriture d'un texte qui exige du souffle. "Naypyidaw, cité de l'espace", sera bientôt achevé. Au début du travail domine la crainte, puis vient la sécurité, bientôt relayée par l'angoisse de ne pas savoir poursuivre. Tout va bien, ce n'est pas ça. Probablement la répétition mécanique des jours et de leur contenu:  vivants, corps, esprits, leurs relations, leurs paroles, avec la perspective incertaine des issues. Et puis le fait que Luv, Mafille, ne ma parle plus - première occurrence historique - dès lors que je n'ai pas versé la pension à Olofso, sa maman (mon salaire étant divisé par trois).

mercredi 15 avril 2020

Foi

J'ai dans les possibilités de l'homme centré une foi sans limites.

On

Une ville-machine est censée fonctionner. Une société-machine est censée fonctionner. "On"- concept à définir - n'a pas cessé de nous répéter depuis trente ans que nous n'étions pas une civilisation, qu'il n'y avait pas de langue, pas de races, pas de sexe, pas de coutumes ni de culture ni d'histoire, mais un système sous contrôle. Ce matin, où sont les fonctionnaires préposés à la machine.

Frais

Gala achète de la salade dans une épicerie de montagne. Deux jours plus tard, elle la rapporte.

Fatigué

Si on ne peut accéder au niveau supérieur (il est, avant destin famélique, réservé aux religieux), j'avoue que j'en ai assez de voir les mêmes voisins, faire les mêmes promenades, accompagnés des mêmes chiens (interdits d'aboiements) et qui n'ont, par décret gouvernemental, à ce qu'ils pensent, maîtres et chiens, pas le droit de parler ni d'aboyer à l'air libre et donc passent, à quatre pattes, la mine basse.

Mouvement 12

Monpère me dit, "non, pas en Asie ces jours, il s'organise une chasse aux étrangers, la rumeur veut qu'ils soient les responsables de la maladie." Précisons: ce n'est pas l'avis d'un Suisse noyé au bouillon, il a vécu plus de dix ans, avant ouverture, au Vietnam. Mais ne voilà-t-il pas qu'il suggère: "va au Maroc!". De loin la punition électro-capitaliste, produit de mon imaginaire, plutôt que cet échec culturel et humain, fruit de diverses idéologies vomitives. Après tout, nous autres Européens, méritons - oh combien! - de souffrir des effets de nos témérités: deux mille ans de domination.

Solidarité

Il y a de grande âmes. Acteurs efficaces du dispositif, doués de cette admirable mentalité que j'admire, pompiers ou infirmières. Sans honte ni excuse, je n'en fais pas partie. Autour, ailleurs, dans les cercles d'enfer, il y a de grands prédateurs. Ils sont à l'oeuvre. Expliquent, discourent. Sans dire, sans se trahir. Minute après minute. Qui sont-ils? Non, ils n'ont pas déclenché la maladie, mais ils se servent au banquet et tirent la nappe. Que les naïfs se rengorgent: la table va disparaître, la qualité des mets baisser, bientôt sera interdite la voix au chapitre.

Mouvement 11

Vers l'inertie: tout le jour, je lis sur la Birmanie et j'écris "Naypyidaw, cité de l'espace". Ensuite, au pied de l'immeuble, je me chauffe puis, comme l'a conseillé le major Gérald de la Légion étrangère (Aubagne), je m'amuse à pousser le mur de l'immeuble et soulève des bouteilles d'eau de 1,5 litres. Enfin, la première bière dans la main, je réfléchis à cette annonce épouvantable, la prochaine introduction d'une application - une App- de Contrôle Total des Corps et des Esprits (CTCE), et d'abord aux conséquences qu'elle entraînera, pour moi la nécessité de chercher refuge dans le tiers-monde.

dimanche 12 avril 2020

Mouvement 10

Drôles les Arabes de l'école hôtelière, filles et garçons logés dans l'ancien sanatorium: il y dix jours, j'alignais squats et pompes, ils jouaient au volleyball. Peut-être ont-ils vu que j'étais vieux - ce que je suis. Ils ont changé la routine. Apportant poids, matelas et chaussures, ils démarrent des exercices contre la montre. A distance, nous rions ensemble tandis que les plus paresseux, Japonais et Pakistanais organisent un chasse aux œufs.

Vampires

Sur le mode mineur, mais en fanfare, les associations européennes de patrons annoncent ces jours qu'il va falloir travailler plus (vous, moi, nous tous). Facile à comprendre: défaut de richesse, donc travail. Mais la donne est toute autre dans un système complexe confronté à l'effondrement. Les individus sans argent sont utilement conviés, au nom de l'humanité, à rembourser les investissements monétaires destructeurs des vampires capitalistes (trente ans de mise sous pression du peuple).