samedi 20 juillet 2019

Tous les jours

Commencé d'écrire Le roi de Suisse, une farce. La température continue d'augmenter. Mardi, il fera quarante degrés. Les coqs chantent la nuit, l'oie s'agite derrière la haie. Ces animaux, qui sont juste là, sont invisibles. Impossible de se pencher, la haie est trop haute. Impossible de plonger la tête, la végétation est dense. Quant à la porte du domaine, elle est de fer, sans trouées. Gala annonce qu'elle ira sonner. Lorsque j'ai marché sur les berges de la rivière, j'ai dérangé un troupeau de chèvres. Lui aussi appartient au propriétaire du domaine. Après le premier orage, je commencerai la traduction de mon essai à l'espagnol.

Parc

Il y a sur le bord de la rivière, un parc alangui et chaud, entretenu et désordonné, rempli de toutes les espèces d'arbres. Nous y allons en voiture, car entre notre corps de ferme et le parc, passe une route. Sur le parking du terrain de foot, près de la borne d'eau gazeuse municipale, je décharge le vélo de Gala. Elle s'en va, je pars à la course. Sentiers et voies de bitumes permettent de se faufiler sous la frondaison. Moi qui ne sait rien de l'Italie, je dirais qu'il n'y a pas plus italien que ce parc. L'abandon est palpable, mais c'est à la nature que les hommes ont abandonné le parc, et il y règne une tranquille sauvagerie. D'ailleurs, les gens sont surpris. Ils n'ont pas tort; en marchant à travers les aplats d'herbes, les buissons, le branchage, on a l'impression que l'on trace une voie. Qu'un autre promeneur suive la même voie est donc une surprise. En réalité, on a sous les pieds un chemin, mais si peu dessiné, si divaguant, que l'on croirait le créer au rythme de son avancée. A petits foulées, je cours trois quart d'heure, répétant une boucle, tantôt sous les soles pleureurs, tantôt le long des aires de jeux. Dans un coin reculé, j'aperçois le vélo de Gala. Elle cueille des cerises et des prunes. De retour à la voiture où nous avons pris rendez-vous afin d'aller chercher notre vin avant la nuit, je ne vois pas Gala. En revanche, une femme me regarde. Je fais de même. Puis continue mes exercices d'assouplissement. Souffle et passe devant elle. M'en vais. Elle vient dans ma direction. Je la salue. Elle répond. C'est une invitation.

H-M

Après six jours d'un travail de correction de l'essai Hommemachine, je m'assieds sur notre terrasse de Galluzzo et me découvre silencieux, inquiet, angoissé. Gala parle, je ne suis pas. Elle sert, je mange à peine. Elle verse du vin, je bois de l'eau. J'ignore si les prochains lecteurs de cet exposé sur la clôture sociale par le neuromarketing, le libéralisme dévoyé et la robotique feront la même expérience, mais pour moi, je suis assommé. Sur trois chapitres, les raisonnements sont boulonnés. Violente la charge. Et quand on réécrit, impossible de négliger un passage, de papillonner, il faut se pénétrer de chacun des arguments, les soupeser, au besoin les renforcer. D'où cette étrange intoxication. Quelque six mois après la première rédaction du texte, je le lis sans pouvoir me départir du sentiment qu'il dit vrai. Or, ses thèses étant les miennes, c'est dire avec quelle puissance elles emportent mon adhésion. Avec pour effet paradoxal la confirmation objective de mes pires attentes.

jeudi 18 juillet 2019

Déclaration

Celui qui déclare de son interlocuteur "c'est une affreux bonhomme!" amène l'entourage à se poser la question "est-ce ou n'est-ce pas un affreux bonhomme?". Il faut un certain esprit de finesse pour se demander si l'affreux bonhomme n'est pas celui qui déclare.

mardi 16 juillet 2019

Camp du bien

Cher amis, depuis quelques jours des robots de la multinationale scannent ces pages de notes. Ils viennent de me délivrer un avertissement pour opinions non-conformes "sur la plainte de certaines personnes". En cas de fermeture, j'indiquerai par une voie ou une autre mon parage d'immigré.

dimanche 14 juillet 2019

Film

"Mike et Joan forment un couple tranquille comme il y en a des milliers…". Ce qui veut dire?