samedi 27 avril 2019

Raison

Ces gens, tous ces gens qui pensent que vous avez tort. Ont-ils raison? Ils ont raison. Du moins dans la mesure où leur pensée se valant de celle des autres garantit provisoirement la raison.

Prière

Ce dont nous nous sommes détournés afin de comprendre le monde est le monde. Proposé dans sa masse, sa brutalité, sa composition et sa beauté. L'accepter irréductible seul nous permet de demeurer dans ce rapport stupéfaction naturelle qui spiritualise notre être.

Anselmo

Pantera, dernier groupe de la tradition hard-rock avant la mise en boîte d'usine.

Hutte

Acquis chez le Chinois une cage à oiseau. Comme je pénétrais dans la boutique, j'imaginais une cage façon chalet à coucou. En fait, il y avait le choix entre le modèle Le Corbusier, un triste parallélépipède et le modèle Congo -  je le baptisais ainsi car il évoquait une hutte. J'ai choisi le second modèle. De retour à la maison, je consulte l'encyclopédie et je vois que le passereau "acantisita roquero", auquel doit être je crois rapporté l'individu qui vole autour de ma maison, bâtit des nids suspendus qui ont la forme de la cage-hutte vendue par le Chinois.

Vélos

Ressorti mon vélo "tour du monde". Un engin épais, au cadre d'acier, porte-sacoches et grosses roues. Le guidon permet dix positions de mains. Pour l'eau de réserve, j'ai quatre supports. Une mécanique suisse, conçues dans les années où notre pays croyait dans on armée et livrait des outils fait pour conquérir l'éternité. Avec ça, il n'y à pas à craindre d'avancer droit devant soi, par les pierriers, la boue, les rigoles, les sentiers de forêts ou les aplats de neige. J'ai roulé trois heures dans la vallée de l'Esperrun et à chaque tour de roue, je me rassurais. S'il fallait voyager, je ne voudrais pas d'un autre vélo. Bien sûr, on a un peu le sentiment de chevaucher un tank. Il faut du mollet. Rien à voir avec la vitesse et cette sensation aérienne que donnent les nouveaux vélos de course (la semaine prochaine je traverse l'Espagne avec un modèle à moins de 7 kilos), mais avec des appareils aussi affinés on se sent un peu nu.

Amour 2

"Dans un couple, il est détestable qu'avec le temps l'amour verse à l'amitié. Affadissement qui est comme un aveu d'impossibilité, d'un manque total de réussite. L'amour est un sentiment sans substitut." Louis Calaferte, Carnets XV.

Monastère

Une accalmie. Au départ de la ville de Jaca, je grimpe vers le nouveau monastère de San Juan de la Peña. Nouveau, car l'ancien où sont enterrés les rois d'Espagne, forgé dans une grotte, a brûlé. Les moines se sont déplacés dans ce bâtiment neuf, construit sur le plateau, dans un lieu aussi reculé, mais moins hostile. Là encore, le monastère à brûlé. Aujourd'hui, l'édifice, long, très long, de brique rouge, abrite des centaines de chambre louées par la chaîne des Paradors nationaux, des chambres le plus souvent inoccupées. Autour, une chapelle et de la forêt. Pour l'accès, il y a deux routes. L'une monte à pic, contre la façade de montagne, depuis la plaine du fleuve Aragon; elle est impraticable en mauvaise saison. L'autre passe au pied du Mont Oroel, un piton rocheux du type "maillo", nom que l'on donne en Jacetania à ces géants tectoniques. Vingt-sept kilomètres de montée. Une brise légère sur l'herbe pauvre. Le silence. Une maison fermée dans un virage. Demi-heure plus tard, un four à pain ruiné. Sur le sommet, le village de Bernués. Il se détache sur une colline ronde. Autour le ciel, des nuages de bourrasque, au loin Huesca et Saragosse. Une route étroite commence là. Elle mène au monastère. Pour l'avoir empruntée en voiture, je la sais longue. Il se met à pleuvoir, à grêler. Je souffle sur mes mains. Des talus dévalent des gerbes d'eau. La pente est raide. Pas assez pour se réchauffer. Au bout d'une heure, une pelle mécanique sur le côté. En cabine, un ouvrier chargé de nettoyer les éboulements. Il téléphone. Je fais signe et continue. A la fin, le panneau qui annonce le monastère. C'est juste un panneau. Inchangée, la route sinue contre la hauteur. Partout la montagne, ouverte et des pins, et de la terre jaune. Encore une demi-heure. Au dernier croisement, là où l'on jurerait que nul ne peut vivre, Botaya, un hameau. Un ermitage, quelques granges, des vieux pavés. Puis des kilomètres plat au milieu d'une forêt et c'est le Monastère. Il surgit. On ne le voit pas. Soudain il est là, dans une clairière, long, rouge, austère, immobile. Le soleil revient. Je tremble. Je mange des figues. D'une voiture descend une famille de touristes. Les portières claquent. Des vapeurs flottent sur le bitume.

Amour

"Sait-on jamais pourquoi on aime un être? Voici longtemps qu'on a cessé de penser qu'il est meilleur ou plus beau que tout autre, mais avec lui on se sent bien. Ses défauts crèvent les yeux, il vous a fait souffrir, on vous démontrera qu'il n'est pas fait pour vous, mais près de lui vous éprouvez une liberté. Et cette constatation, bien entendu, ne signifie rien sur sa valeur "en soi" ni sur la vôtre, que personne ne peut mesurer." Denis de Rougemont, Journal d'une époque.

Chant

Levé à huit heures, content. Déjà, au réveil, je me félicitais de mon lit. C'est le hasard qui l'a rendu aussi confortable. A force de déménagement, j'ai accumulé nos matelas. Autrefois, j'aurai jeté, mais depuis quelques années, j'achète du haut de gamme. Arrivé à Agrabuey, j'ai tassé dans les niches, les recoins, les dessous, les matelas inutilisés; il en restait deux, sur lesquels Gala et moi dormions, largeur cent quatre-vingt. Pour gagner de la place, je les ai empilés sur un double sommier. Le résultat est inespéré: douceur, résistance, profondeur - à ravir. Encore somnolent, j'apprécie cette réussite. Dehors, il pleut. Je n'ai pas à sortir. Le rituel est le même: mettre le café, vider les cendres, allumer le feu, puis consulter la presse dans cet ordre: France-Suisse-Espagne-Angleterre-Russie. Ensuite, musique et salle d'eau. Ce matin, j'ai été retenu par un oiseau. Peut-être celui qui chantait devant ma chambre ces nuits. Installé sur le rebord de la fenêtre du salon, il regardait l'averse inonder les toits de pierre. Un passereau chanteur à plumes jaunes et tête bleue (nous avons fait de l'ornithologie au village en mai dernier). Il est resté perché plusieurs minutes. Avant de s'envoler, il a émis un son grêle. Cela m'a réjoui. Comme si cette observation obligeait à changer de point de vue sur le monde. Prises dans le silence, les maisons du village avaient soudain une âme. A la fois proches de la fonction protectrice et magiques.

Fonds

Autant la diaspora juive est traître, autant les juifs israéliens sont courageux. Confrontés à une menace fantasmée, les premiers tirent profit des sociétés en agitant les spectres du passé; affrontés aux primitifs du désert arabe, les seconds s'organisent et ripostent. Conséquence, d'un côté un gain de liberté, de l'autre côté une perte de liberté. Un esprit malveillant qui voudrait faire système ajouterait que toute guerre repose sur une fonds de commerce, et que c'est la diaspora, grand maître des schémas circulatoire, qui pourvoit.

jeudi 25 avril 2019

Paris 3

Personne ne croit à la thèse de l'incendie accidentel de Notre-Dame, mais chacun s'efforce de nier l'attentat pour n'avoir pas à se confronter, dans sa vie personnelle, à cette réalité triste: la France est une poubelle sociale avec aux commandes des hommes et des femmes qui, confrontés à la fin du système qui les cooptait dans les positions de pouvoir, sont prêts à user de tous les moyens pour toucher les dividendes de leur investissement (études, réseaux, financement).

mardi 23 avril 2019

Quai des Orfèvres

Simenon, sociologue-maître parmi les prétendants.

Simple

Il n'y a pas de limite à l'esprit de contradiction, pour autant que l'on se supporte contradictoire. L'art est une aide. La littérature est un art. Elle synthétise. Si l'on veut éviter le jargon scientifique, elle permet de tenir ensemble. L'individu vit et tient la distance grâce à l'art. Le pire est alors la simplicité. Qui s'accompagne - dans la mesure où ce qui est simple interdit le jeu et donc le plaisir - d'un romantisme fou. Simplicité dangereuse. Largement répandue dans le monde. Que l'on appelait primitivisme lorsque l'on pouvait encore, nous les compliqués, les contradictoires, nous les rationnels, s'exprimer sans craindre la censure. Aujourd'hui désaccordé de la transcendance, le primitivisme est simple. Et dans un monde dominé par les compliqués, il est dangereux.

Parcours

A Phetachabun, au début du mois, avec cette fille au poitrail masculin, aux yeux bleus, à l'agréable sourire, qui sort d'un engagement de quinze ans dans l'armée américaine. Elle a les cheveux bleus. En couché-développé, elle soulève un poids qui me casserait les os. Et mange des pastèques, de l'ananas, du riz. Et boit du Whyskie. Autant qu'elle peut. On m'apprend: "elle est tombée d'un hélicoptère". Quitté le camp d'entraînement, elle se rend en Colombie où elle doit rencontrer un shaman qui lui garantit la résurrection spirituelle.

Destin

Afin de distinguer par défaut entre l'individualisme (nous croyons savoir ce que c'est) et ce que l'on désigne aujourd'hui par ce terme (qui est de l'"hyperindividualsime", c'est à dire la possibilité qui nous est faite de nous rêver et de nous construire dans les limites du marché) on pourrait dire: jamais, depuis que l'homme est homme, et depuis que l'homme est soustrait au double conditionnement de la nature et de la violence, nous n'avons connu une telle perte de contrôle de notre destin.

Porn

Evolution intéressante, dans le miroir, des sites pornographiques cette année: la catégorie "interracial" est renvoyée dans les ramifications de l'arborescence: désormais les énergumènes des autres races et les coiffures idéologiques tels que le voile surgissent dans les catégories à demande majoritaire. En parallèle, les visages des femmes sous prises sexuelles sont floutés, coupés, masqués.

Viol

Théorie des Sphères de Sloterdijk. Ce concept est largement vulgarisé. Et quoi? Il fait chou blanc. Que dire alors des théories plus subtiles, ou pour éviter de juger (j'aime assez, et admire plus qu'il ne faudrait Sloterdijk) des approches moins conscientes du marketing ? Rien. Elles paraissent. Une chronique leur est consacrée dans deux ou trois revues. Si la chose roule, et que les deniers publics coïncident avec l'intérêt des pouvoirs (ici, l'imbécile en chef Fukuyama) un colloque a lieu, puis on enterre. Telle est la fonction après contrôle des philosophes politiques (je songe à Tchakhotine, Günther, Polanyi, Benjamin…). Ils disent le présent, meurent en silence et une fois l'avenir accompli en confirmation de leurs craintes, survient un lecteur, un interprète, en général un philosophe, qui dit:
-Dès 1939, Serge Tchakhotine, dans Le viol des foules par la propagande politique...

Ecologie

Les écologistes les plus radicaux ont raison de professer le terre comme religion, mais c'est encore, ce n'est hélas, venant de ce qu'ils sont - des rejetons de la modernité - qu'un vouloir-croire informant une idéologie agressive et sans grande portée rédemptrice, puisqu'au dix-huitième, lors du premier tournant industriel, le mal était fait: il coupait les racines de l'homme et, lui offrant le confort de la production technique des objets, le séparait de la nature, partant de da propre nature. Ce qui n'est pas récupérable. Et jamais ne sera récupéré.

Maison

Cette maison, désormais la mienne, autrefois une grange avec son foin à l'étage, ses animaux en partie basse, quand je la regarde de l'intérieur comme je fais en cet instant, je vois qu'elle est drôlement bâtie, bâtie en plusieurs fois, bricolée, mal bâtie, en pierres, en bois de troncs, trouée et colmatée, et qu'elle a brûlé, les flammes ont laissé de longues traînées charbonneuses contre les parois, tous événements qui rejoignent l'histoire, la petite histoire et dont je me réjouis.

Agrabuey

La pluie. Les eaux. Elles ruissellent sur les ardoises, inondent le pavé, vont à la rivière. Dans notre rue du Village des Champs, entre voisins, abrités par des parapluies, nous buvons un verre. Le paysan se félicite. Il n'avait pas plu depuis février. Mon autre voisin, géologue et guide, est parti faire du VTT ce matin avant l'averse. Il emmène demain un couple dans les hauts. Des Portoricains. Au téléphone, le Monsieur disait: "nous serons au rendez-vous si Dieu le permet. Quel temps va-t-il faire? Ah! Oui. Mais il faut espérer, toujours espérer!".
-Des évangélistes, quelque chose comme ça…Dit le guide.
Puis nous parlons de Houston, de l'Atlas marocain, des heurts à la frontière guatémaltèque, de la guerre au Donbass. Jeudi dernier, notre ami qui vit dans l'ancienne école d'Agrabuey commençait une marche sur les pentes de l'Everest. L'avion qui devait les embarquer apparaît dans le ciel. Il s'écrase. Deux morts, vingt blessé. Hier soir, il écrit. Il vient d'attendre les 5800 mètres. Pendant ce temps, je fais du vélo. Comme il pleut, à l'intérieur. Sur vélo statique avec roue de fonte. Entraînement fragmenté et conférences de Lucien Cerise, de Bernard Stiegler. Le bois brûle dans le poêle. Ensuite, en contact par visiophonie avec Monfrère, quart d'heure de travail. Qui consiste à résoudre les problèmes que provoquent les fonctionnaires lausannois qui nous empêchent de travailler - en société de marché, travailler veut dire servir les clients. Plus tard, combats MMA. Trois. Femme contre femme. Poids légers. Russe contre Russe. Poids lourds. J'arrose de bière. Puis rapide survol de la presse où je lis le programme d'un des mes éditeurs (ancien éditeur, tout cela est révolu) pour le Salon du livre et de la presse de Genève, en mai prochain. Gens que je connais modérés par des gens que je connais interviewés par des gens que je connais, tous à la fois journalistes, écrivains, éditeurs et fonctionnaires, et amis, et ennemis, et amants, et parents. Reste les oiseaux. Il chantent dans la nuit, sous la pluie, sous ma fenêtre. Il faut les sauver. Et lancer la hache, dès le petit jour.

lundi 22 avril 2019

Nuit

Agrabuey - vainement, j'essaie de dormir. Sous ma fenêtre, à quatre heure, une oiseau chante. Sans arrêt, il chante. Mille fois, je me tourne. Jouant avec les images qui défilent sous les paupières, je veux chasser les mots qui font phrases pour trouver le sommeil, Plusieurs fois, je crois y parvenir. J'échoue: l'oiseau est là - il chante. Puis je m'endors. La police m'interpelle. Un femme se tient en bas du talus. Je m'approche et lui tiens ce discours: "Voyez, la police m'arrête. Mais j'ai un appartement avec vue sur la mer (en même temps, je pense, "il n'y a pas de mer", mais mon toupet lui fera croire le contraire). Nous irons ensemble. Vous êtes belle! - Merci - Très belle! Moi, je suis ici et là. Où la police veut que je sois. Et je vous connais. Vous étiez à la station de bus de Saragosse (la veille, j'étais à Saragosse, il y avait une femme russe accompagné d'un Russe au profil maffieux), mais aussi, vous avez dû oublié, à Molina de Aragon, c'était l'an dernier (l'an dernier, à cette époque, j'étais en effet à Molina,). Bref, un rêve farfelu, n'était-ce que pendant ce discours je garde la perception des limites de la chambre, je sais que je rêve, j'entends l'oiseau qui chante. Au réveil (trois heures de sommeil), l'avocat Diego m'attend dans la rue du Village des champs, nous sautons sur nos vélos, grimpons le premier col. A la fin de la sortie, 60 kilomètres et 1600 mètres de dénivelé parcourus.

dimanche 21 avril 2019

Séquence complète

Réalisée aux deux tiers, elle mène du 17 février au 1 juin : Agrabuey-Madrid-New-York-Madrid-Genève-Bangkok-Phetchabun-Vientiane--Bangkok-Naypyidaw-Bangkok-Genève-Leysin-Barcelone-Agrabuey-Malaga-Agrabuey-Barcelone-Kiev-Bratislava-Genève

Veille de séquence

Repas avec les enfants dans une cuisine pleine de soleil. Nous cachons les œufs. Nous cherchons les œufs. Nous mangeons les lapins qu'offre Olofso. Aplo ouvre une vodka. Les cigarettes circulent. Aplo fait des pompes (à l'armée ces jours, et motivé, il grade), Luv essaie des boucles d'oreilles, elle sort. Je parle de ce chalet à louer à Leysin, d'Ar'Raqqua et de Homs, en Syrie, où nous étions Olofso et moi il y a vingt-cinq ans, avant la guerre, puis de la formation de "manager" que souhaite commencer Aplo à la fin de son école de sergent. Etonnement de trouver les enfants si grands, proches de l'âge adulte, dix-huit et vingt ans cet été.

Avant-veille de séquence

A Lausanne avec Evola. Je précise: "ne faisons pas trop tard". Car j'ai le vendredi, en fin de matinée, rendez-vous avec Olofso et les enfants que je n'ai pas vu depuis six semaines. Des bières à la main, nous préparons notre itinéraire de mai depuis Kiev. Au bout du fil, sur haut-parleur, Monami. Je suggérais d'aller à Chisinau, en Moldavie, en car. Il propose de sen rendre à Lviv en train. Sur la carte qui s'affiche à l'écran, Evola pointe Cracovie. Puis nous parlons de Tchernobyl. Y aller, n'y aller pas? Jeter ses chaussures après la visite? Nécessaire! Affirme Monami. Et les bus qui font la navette? Sont-ils irradiés? Je tranche: pas intéressé. Evola veut emmagasiner des images, Monami tester ses compteurs Geiger. Nous verrons. Et le trajet en train? Pourquoi pas Bratislava? J'acquiesce mais indique à Monami qui parle d'aboutir à Vienne, que j'éviterai: cete capitale m'a toujours semblée la plus déprimante d'Europe. Sans compter qu'elle doit être massivement africanisée. Les Autrichiens étant les seuls tempéraments congénitalement portés au fascisme sur le territoire de la vieille Europe, on devine ce que l'opposition a dû importer avec l'aide des bureaucraties. Fin de la conversation. A délibérer. Nous éteignons le téléphone. Evola propose alors d'aller boire devant la boutique, sur le trottoir. Nous tirons deux chaises. La température est printanière, c'est un soir de fête, demain débute le week-end pascal. Les passants s'arrêtent, saluent, nous offrons des verres. A trois heures du matin, nous sommes toujours dans la boutique, avec un ami de rencontre, locuteur ivre et brillant, qui me tire le portrait au Polaroïd et orchestre des relations inouïes dans le trio à force de questions, de provocations et de jeux.

Séquence

Retour dans la maison d'Agrabuey. Douze heures de voyage. Parti à l'aube de chez Olofso à Genève, j'ai poussé la porte en milieu d'après-midi selon la séquence de transports suivante: taxi-avion-bus-métro-train-car-taxi.

Capitalisme politique

Pour nous, par de retour posible à la simplicité. Pour les néo-arrivants, pas d'accès possible à notre complexité. Il s'ensuit un progressisme du type "homme nouveau" fondé sur des règles technocratiques, ce qui implique une transgression répétée de ces règles par nombre d'individus donc le renforcement par l'Etat des actes de police.