jeudi 16 août 2018

Université 2

Ce professeur me disait, "une minute qui n'est pas passée à lire est une minute de perdue." Je ne comprenais pas; je ne comprends toujours pas.

Liberté

Je peux dire que j'aurai été libre. Pour autant que l'on supporte - cela implique une responsabilité de chaque instant -, l'assistance et la contrainte d'une vie bien inscrite ne sont plus possibles.

mercredi 15 août 2018

Energumènes

Comptez encore une année de meurtres, de viols, de déprédations, de lynchages et d'attaques, tous effets de la bêtise des énergumènes d'importation, et nous verrons les nationaux qui les ont soutenu et vivent avec eux dans les grandes villes transformées en zoos se retourner brusquement pour clamer qu'ils n'ont jamais été partisans de cet afflux. Il s'apercevront alors qu'ils sont enfermés avec ces faux-amis et n'ont pas les clefs du zoo. A la libération, si libération il y a, je serai partisan d'envoyer les Suisses qui ont soutenu les énergumènes en Afrique; les Français qui ont soutenu les énergumènes en Afrique; et les Hollandais, les Allemands, les Espagnols... en Afrique où ils oeuvreront utilement à l'insertion des énergumènes dans leur propre société.

Ghettos

Les Danois se donnent vingt ans pour démanteler les ghettos. On croirait un titre en une. C'est un titre en une. D'abord, nul n'a demandé leur avis aux Danois. Les déplacements de population ont été décidés par les gouvernants sur ordre des instances supranationales, celles-ci répondant aux intérêts de quelques minorités possédant le capital nécessaire pour peser sur les politiques nationales. Ensuite, il conviendrait de dire que les Danois ont payé via l'impôt sur le revenu pendant vingt ans le fonctionnariat qui a créer ces ghettos et va donc payer vingt ans de plus afin de les démanteler. Puis préciser que démantèlement est un mot-piège qui signifie que les composants du ghetto vont être diffusés dans la société débouchant sur l'apparition de ghettos périphériques. Enfin, il faudrait préciser que si ghetto il y a, c'est parce que les individus déplacés sont fondamentalement incapables de s'intégrer dans une société antitraditionnelle, donc en Danemark comme partout ailleurs en Europe, raison pour laquelle par inertie, unique loi qui fixe leur sort, ils finissent par s'agrouper en communauté et recrèent un mode de vie primitif, celui-là même que la presse appelle ghetto en espérant apitoyer les contributeurs fiscaux.

Mèmes

Disposant pour un mois d'un accès payé à Netflix, je cherche des films; j'en vois quatre - suffit; je passe aux séries. Peu ou prou le canevas est le même, amour, vengeance, jalousie. Et le rythme, alternance de scènes d'action et de dialogues ; à la fin, ce sont les décors qui déterminent la catégorie: science-fiction, western, thriller... Effet probable de l'industrialisation et de l'écriture collective. Le plus admirable dans cette offre de cinéma à la demande est la qualité technique: la circulation à travers les images, l'enclenchement automatique des suites, la mémorisation des goûts, la fluidité, bref l'aspect logiciel

Essai sur le posthumanisme 3

Passage tortueux de l'essai sur la critique fonctionnaliste du Cogito que produisent à tour de bras les Américains "philosophes de l'esprit" et leurs "expériences de pensées" qui convoquent "martiens", "chambres chinoises", "ordinateurs formels" ou encore (chez Denett) cette "Marie qui ne voit pas les couleurs". Ces gens-là - en réalité des religieux - se perdent si bien dans leurs élucubrations qu'ils croient expérimenter dans un laboratoire scientifique, alors qu'ils creusent une métaphore. D'avoir tant lu les Méditations de Descartes facilite l'appréhension du problème corps-esprit et dans le même temps pointe sur d'innombrables possibilités d'interprétation qui rendent la question plus complexe qu'il ne faut. Mon propos était en l'occurrence de dénoncer l'idéologie matérialiste qui sous-tend le discours des Américains et favorise indirectement la création de cet homme du futur, artefactuel et déculturé, que prône le posthumanisme. Si je débouche, je pourrais alors montrer comment pourrait s'opérer à l'avenir, pour le malheur de l'humanité, la jonction entre le néo-libéralisme et cet homme-machine que veulent construire les multinationales du numérique.

En chambre

Vole au-dessus de mon visage alors que je lis une poussière si grosse que je crois à un moustique.

Août 2

Le paysan me donne une laitue.
-On a mis dessus que de la bouse de vache.

Gide

Après plusieurs années, je reprends la lecture de Gide. L'élégance de la langue, la sobriété associée à la finesse des sentiments créé un effet rare de beauté. Ainsi dans La porte étroite: "Un soir que je m'attardais à lire, étendu sur le gazon à l'ombre d'un des grands hêtres pourpres, séparé de l'allée aux fleurs simplement par la haie de lauriers qui empêchait les regards, point les voix, j'entendis Alissa et mon oncle."

mardi 14 août 2018

Août

-J'ai entendu kaxonner. L'épicier? Un mardi?
-Oui, me dit la paysan, demain le 15 août, c'est jour férié.
-Quelle fête?
-La vierge d'août.


lundi 13 août 2018

Conscience

On en dit plus qu'on en sait mais on ne sait plus qu'on ne croit. Conscience n'est pas conscience de conscience. En ce sens, les archétypes universaux de Jung n'ont peut-être rien de transindividuel. Ils ne seraient que des formations automatiques.

dimanche 12 août 2018

Admirations

Ces jours, me admirations vont à: Saul Alvarez "El Canelo" (boxeur mexicain), Alain Supiot (philosophe du droit français), Tommy Robinson (patriote anglais), Julian Assange (cybermilitant australien), Thom Yorke (chanteur anglais) et Mike Horn (aventurier sud-africain).

Mil deux cent mètres

Pendant la fête, le maire me fait: "tu es monté à vélo ? Au refuge? Eh bien! Justement, on va faire le chemin avec des amis. Je te dirais!" Le lendemain: "tu es déjà monté par la piste des Blancs?". Ce qui me donna à penser qu'il avait bu et confondait; j'oubliais l'affaire d'autant plus que moi aussi j'avais bu, bref, j'avais dû mal comprendre, il n'était pas question de sortir ensemble à vélo. Or, ce vendredi, après mon travail d'écriture, comme je me balade le long de la rivière ma chope de bière à la main, je croise le maire:
-Rendez-vous sur la place demain à huit heures!
De retour à la maison, je m'aperçois que j'ai accepté et vais devoir refaire les vingt kilomètres d'ascension sur ce chemin de cailloux et je m'inquiète: à mon rythme c'était pénible; pire que ça, affreux. Deux heures trente à pédaler par des pentes de douze et quatorze pour cent sur des roues qui patinent (je n'ai pas de VTT). Inquiet, je me couche tôt et dors mal. Des cyclistes me poursuivent. Je vole un tank. La tourelle est fermée. J'oriente le canon. Il démarre. J'écrase les cailloux de la piste: ainsi les pneus accrocheront. Dès que j'ai pris l'avantage sur les poursuivants, je saute sur mon vélo. Il résiste. Il est à plat. Crevé. Je vois: il roule sur la chambre à air... Sept heures sonnent. Je déjeune, je m'équipe, je rejoins la place. Le maire me présente aux huit grimpeurs. Ils arrivent de la ville voisine, à vélo, par les cols, sur des machines dernier cris (l'un d'entre eux à même un moteur).  Cinq minutes plus tard, nous sommes en route. Les plus forts prennent de l'avance, disparaissent. Je lutte pour rester dans le groupe du maire. Comme moi, il souffre. Le rythme est trop élevé. Au bout de la première heure, j'ai un doute: vais-je tenir?
-Vous avez vos pulsations?
Les coéquipiers consultent leur ordinateurs. Cela me rassure, je suis dans la moyenne et ils ont vingt ans de moins. Mais bon, encore faut-il tenir. A mi-distance, j'avale un liquide. Première fois que j'essaie un de ces trucs. Effet immédiat: baisse de fatigue et surplus d'énergie. En fin de compte, nous atteignons le sommet en deux heures et quart, soit dix minutes de mieux que lors de ma sortie en solitaire. Alors le maire :
-Le rouleau compresseur est passé lundi, c'est un peu moins dur !