samedi 13 août 2016

Derniers beaux jours

Rien ne me prédisposait à porter une tel intérêt au journal de Julien Green, auteur américain de langue française, catholique converti et homosexuel amateur de fantômes, bourgeois refoulé et romancier psychologisant, c'est pourtant l'un des rares que j'ai lu dans son intégralité et plusieurs fois (avec celui de Gide, de Calaferte, de Léautaud, et de quelques autres, Brasillach, Tolstoï, Nin, Hillesum.) Le titre du volume daté de 1935-1939, prend aujourd'hui tout son sens: Derniers beaux jours.

France

Suite à des découpage historiques dictés par des impératifs politiques, les territoires de certaines nation malheureuses sont disputées par des communautés adverses; l'Inde, Israël, le Sri Lanka.... Mais qu'un pays comme la France, habité d'une seul peuple, importe d'Afrique une population étrangère, l'installe, la conforte dans ses attentes et la protège quand elle se soustrait au régime de vie général et lui déclare la guerre dépasse l'entendement - affaire de psychanalystes.

Lexicoplaques

Après avoir dégagé de la fosse la carcasse de l'Ichthyovenator laosensis, les expéditionnaires mirent à jour cent trois pierres plates. Cachés sous le ventre du dinosaure elles étaient gravées de mots référant au lexique de l'électroménager. Le plus gros spécimen (103 x 234 cm) comportait le mot: lave-linge.

vendredi 12 août 2016

Montesa

En 1972, Montesa a sorti son modèle Cota. La particularité esthétique de cette moto était le carrossage rouge qui unifiait le support de siège et le réservoir, le tout surbaissé; la marque devint une des références du trial. Trois ans plus tard, à Aravaca, dans les faubourgs de Madrid, cette moto devenait le cadeau le plus prisé des gosses de riches. Dans le quartier quelques-uns de mes amis se baladaient sur des Montesa. Nous avions douze, treize, quatorze ans pour les plus grands. Un matin, au Cours Molière, l'école juive que je fréquentais, Maria est annoncée absente. La professeur de français, Madame Bléreau, évoquer un accident. La semaine, notre camarade reparaissait. Elle porte une minerve. Au réfectoire, le surveillant, Vicente (celui qui nous corrige avec un fouet en boyau de cochon), la nourrit de bouillie à la petite cuillère. Maria avait raté un atterrissage sur un parcours de motocross. Elle avait treize ans. Dès ce jour je n'ai cessé de harceler Monpère: je voulais une Montesa. De retour dans la ferme familiale de Fribourg, il m'a acheté une SWM de 175 cm cubes. Si haute que pour monter sur le siège, il fallait disposer deux caisses sur les côtés de l'engin. La plupart du temps, je ratais mon démarrage et la roue avant montait au ciel. N'ayant pas la moindre notion de la propriété, je roulais dans les blés, dans les potagers, sur les allées privées et en forêt. Un paysan m'a poursuivi la faux à la main. J'ai semé le policier de Palézieux alerté par le fait que je roulais sans plaques. Au début de l'été, à Malaga, je vois passer un modèle Cota: mais bien sûr, ais-je pensé, Montesa vient de Monte-s.a. A l'instant je vois que ces motos catalanes ont été rachetées par les Japonais.

Philtre

Nous sommes enfermés dans un monde qui n'existe pas.

Converge

Converge: exprime ce que je pense en musique.

Magie révolutionnaire

A l'époque je me passionnais pour les textes d'Ivan Illich, notamment La convivialité et Une société sans école. J'habitais encore la colonie Hippodrome dans le centre de Mexico quand j'appris qu'il restait à Cuernavaca des héritiers du Centre de Documentation International, cette université - au sens de réunion des esprits - qu'avait fondée et dirigée ce prêtre génial entre 1966 et 1976. Jamais je ne conçus le projet d'aller y voir de plus près. Pourtant, je passais régulièrement des week-ends à Cuernavaca, ville de province où les bourgeois de la capitale avaient des résidences secondaires. Avec le recul, il me semble qu'un des traits caractéristiques de l'âge adulte, souvent attribué à tort à l'adolescence, est de poser en principe que tout est possible. Ainsi, lorsque je lisais les textes d'Illich (il est mort au début des années 2000), je ne me représentais nullement ce penseur comme un être de chair et d'os. Même quand j'appris la présence de disciples à quelque 90 kilomètre de la chambre où je lisais, il ne me vint pas à l'idée qu'on pouvait les rencontrer, les toucher, échanger avec eux. Au fond, le sentiment que l'on pouvait, en sautant dans un train ou dans un avion, participer à l'histoire m'est venu très tard (quand le mur de Berlin est tombé, je suis sorti écouter un concert de rock à Genève plutôt que de rejoindre l'Allemagne). Mais si j'évoque Illich, c'est avant tout pour parler du pouvoir magique des mots. Comme chacun sait, le Parti Révolutionnaire Institutionnel, structure semi-dictatoriale issue de la révolution de 1910, a dirigé le Mexique pendant septante ans. La dimension révolutionnaire de ce parti tenait du mythe et de la propagande. En réalité, il s'agissait d'un système administratif complexe et corrompu qui exerçait un contrôle sur les masses. Et pourtant, la référence à ce moment fondateur de la conscience moderne des Mexicains, la "révolution", amenait les dirigeants les moins éclairés à considérer comme naturel des tentatives révolutionnaires authentiques comme celle d'Ivan Illich ou, de façon plus inquiétante, celle de la communauté expérimentale de Los Horcones inspirée des thèses comportementalistes de Skinner réunies dans Walden 2. C'est d'ailleurs le même esprit révolutionnaire (manifesté ici sous son aspect new-âge de vie morale dédoublant la vie industrielle et bourgeoise) qui animait mon ami Toldo lorsqu'il me confia un bureau et me paya un salaire en 1999 pour établir les plans de la future de communauté holiste de Xalapa (qu'il a fini par mettre sur pied).

New-âge 2

Prévenants, nos hôtes écossais ont apposé des dizaines de post-it à travers la maison pour communiquer les instructions d'usage. "Dans l'armoire, papier de toilettes" ou encore "si l'eau de la douche est trop chaude/froide, régler ici. Chercher *. Voir autocollant". Ainsi, chaque interrupteur comporte une indication de ce qu'il commande et interrompt. La maison relevant du bricolage d'amateur, cet aide n'est pas superflu. A l'étage, il y a un interrupteur à trois boutons. Le post-it dit: "Lumière. Ventilation. Atterrissage (landing)". Chaque fois que je regarde par la fenêtre, je me demande comment nous avons atterri en Écosse.

Etat-Unis

Un tiers des Américains sans travail. La destruction accélérée de notre culture s'explique en partie par ce fait dramatique.

Justice

Qu'est-ce qu'une justice administrative? Une justice dont les représentants tranchent sans ambages les cas relevant de la faute obvie, c'est-à-dire ceux où la faute constatée correspond à la faute théorisée. Lorsqu'il s'agit de trancher des cas impliquant un jugement moral, la suspension du jugement est privilégiée et la tolérance devient un paramètre essentiel dans la détermination de la sanction. Cette technicisation de la justice, désormais générale dans les sociétés européennes, témoigne symboliquement de l'aboutissement du processus de destruction des valeurs entamée à la fin du XXème siècle. Concrètement, elle favorise l'essor de la criminalité. Financièrement, elle ponctionne les citoyens intégrés en vue d'un programme de constructivisme social porteur d'un nivellement liberticide. Une telle justice est l'ennemie de la paix sociale.

Camus 2

Lorsque j'habitais Gimbrède dans le Gers, Renaud Camus vivait dans le château de Plieux, un village de colline où j'allais me promener. Dans son Journal de 1998 intitulé Graal-Plieux, il évoque la région, les fêtes, les voisins que je connaissais. Nous rénovions tous deux une propriété. J'ai ri de ses démêlés avec des artisans qui étaient aussi à mon service. A l'époque, je n'avais lu que quelques-uns de ces textes et rien publié. Trop timide pour me présenter à sa porte, je déambulais autour du château en levant les yeux sur les hautes fenêtres. Je l'imaginais se baladant en grand homosexuel hiératique avec des chiens de chasse noirs. Cette période correspond au procès pour anti-sémitisme que lui fit France-Culture. Dans ces circonstances, il paraissait inconvenant de le déranger. Vu sa stature d'écrivain (plus encore que ses idées politiques) et la qualité de sa langue, je regrette de n'avoir pas fait sa connaissance.

Camus

Renaud Camus vient d'enregistrer et de diffuser sur internet une conférence. Il parle, anone, pousse des cris d'animaux. Que fait-il? Est-il fou? Comme Sade travaillant la notion de Modernité à la veille de la Révolution, il pousse la logique de nos sociétés dans ses retranchements. Le langage n'est plus qu'un bricolage de borborygmes, de phrases toutes faites, d'absurdités. Il singe la mort de l'occident.

Temps

Chaque jour je me lève avec l'espoir de voir le soleil, que dis-je, de bénéficier de quelque lumière - en vain, une pluie battante arrose le village, un ciel d'encre glisse sur les toits, le vent terrasse la végétation. A part en Laponie où j'ai marché entre lacs et forêts à l'été 1989, je ne me souviens pas d'un climat aussi mauvais. Et chaque jour mon étonnement se transforme en interrogation: comment les Écossais font-ils pour tenir toute l'année? Je cherche les avantages, je n'en vois pas. Je cherche que faire? Boire? Dormir? Boire pour  dormir? Nous irons à la piscine. En voiture. Piscine couverte.

Attentats

Parlant des attentats, Olofso dit justement: "c'est insupportable!" Réaction de bon sens, réaction d'une mère. La question étant: pourquoi les gouvernements nous disent-ils qu'il va falloir supporter? Pire: admettre leur multiplication? Soit ces gens qui gouvernent ne sont pas faits comme nous, soit ils ont un intérêt dans l'affaire.

jeudi 11 août 2016

Fondation

Il régnait hier dans la ville ancienne d' Edimbourg, près du château, la même ambiance de folie collective que dessine E.P. Jacobs dans les premières planches de l'album de Blake et Mortimer, S.O.S. Météores: un carnaval d'individus épileptiques. Filant dans des directions improbables, à toutes vitesses, il y avait là : un japonais de six ans jouant du violon en kilt, un vieillard à cheveux longs enveloppé dans un manteau de laine qui avançait à la façon d'un zombie et saluait la foule, un mère écossaise aux cheveux verts, grosse comme un bombonne et adolescente, elle poussait son landau, des ouvriers au cou, bras et jambes tatoués éclusant du Whisky, des familles cinghalaise en parures flottantes entourées d'une progéniture nombreuse et noire comme le charbon, des Africains body-buildés, des lesbiennes à la mode nazie (et ferrées), un nain chinois mongoloïde monté sur une machine à télécommande, un groupe de Français en maillots jaunes uniformes porteurs du Guide Michelin, des Andins au gabarit d'amphore (de la taille d'un jéroboam, le fils porte l'oreillette, une antenne est fixée sur son crâne), des Finlandais qui parlent fort, de jeunes gothiques hauts sur talons, maquillés et enchaînés... L'énumération est sans limite. Or, voilà que nous nous arrêtons devant un passage clouté. De chaque côté de la route, la foule grossit. Un énergumène habillé d'un justaucorps de latex pissenlit traverse, se poste sur l'îlot de sécurité, lève les bras. Face à lui, cent personnes entament une danse (je reconnais la chorégraphie de Travolta sur Stayin' Alive des Bee Gees dans Saturday Night Fever). Ces gens portent des écouteurs sur la tête. Le feu passe au vert: ils avancent sur un rang et dansent.
Nous nous réfugions au musée d'Art et d'Histoire. Au département géologie, nous admirons une pierre de 450 millions d'années.

Irak

Les voisins d'immeuble de mes enfants à Genève, des réfugiés irakiens. Je connais le fils. Je demande de ses nouvelles.
- Il est en vacances, me dit Luv.
- Où ça?
- En Irak, comme chaque été.

New-âge

Nous habitons chez des illuminés. Un couple de bienheureux. J'ignore tout de leur personnalité, mais les maisons parlent. Au téléphone, ils ont évoqué leur profession: coachs. En ligne. Bizarrement, le réseau wi-fi est défaillant. Nous avons à notre disposition un classeur. Les conseils pour le tri des déchets occupe une demi-page. Je les imagine dans mon village d'Espagne (où ils sont ces jours): ils ouvrent le conteneur "papier" et trouvent: des bouteilles, un téléviseur et une bonne vielle poubelle ruisselant le poisson. Mais le plus drôle - quoique la stupidité ne soit drôle longtemps - ce sont les phrases savantes qui ornent les parois ici et là. Aux toilettes: l'avenir appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves- signé, Eleanor Roosevelt. A l'étage: l'art est de l'alchimie. Sur le frigidaire: l'amour est une sorte de folie.

Ferme

Aplo qui a eu 17 ans il y a quelques jours a commencé ses vacances d'été par un stage dans une ferme de Provence, canton de Vaud. A son retour, je m'attends à ce qu'il parle de patates, de vaches, de lait, de choux, de lapins, de poules.
- Les paysans n'étaient pas gentils.
J'essaie d'en savoir plus. Il énumère les tâches: ce sont des corvées.
- Mais enfin, le paysan t'a tout de même montrer comment traire?
- Non.
J'appelle Mamère. Le dimanche, elle est allée trouver mon fils.
- Le paysan a amené Aplo à la gare, il n'est pas même sorti de la voiture pour me saluer.
- Que ces gens soient des rustres, c'est une chose, mais pourquoi proposer des stages?
- Depuis vingt ans, précise Aplo. Il y avait une grand-mère. C'est la seule qui était gentille. La femme du paysan critiquait dans mon dos.
- Mais enfin, il faut que cela se sache! Tu as pensé aux adolescents qui viendront après toi!
- J'ai caché un billet sous le matelas. "Lui est méchant. Méfie-toi de la femme, c'est une hypocrite"

East Whitburn

Lorsqu'on se plaît à répéter qu'en Ecosse le temps est exécrable, c'est faute de vivre dans le pays: confronté à ces ciels sales, à cet horizon fermé, à ces bourrasques incessantes, l'habitant relève son col et se tait. En rajouter serait dommageable. Il faut tenir. Comment, je l'ignore. Je m'étonne. La nature entière est prise dans une sorte de mélasse. Quand le soleil paraît, c'est pour se fondre aussitôt dans les nuées. La grisaille l'emporte. Nous sommes en août: il fait douze degrés, les prés sont gorgé d'eau, les arbres tremblent et ruissellent. L'architecture est au diapason: maisonnettes couleur cendre posées sur le bord des routes, réverbères-couteaux, buis cultivés à la cisaille, une nécropole bien chauffée. Et l'habillement: pyjamas de coton, bottes de caoutchouc, bonnets de laine tirés sur les oreilles. Aucun passant excepté ceux qui promènent à la va-vite leurs chiens. Des automobilistes: ils ouvrent les parapluies à la sortie des voitures, se hâtent. Dans les magasins, la lumière est rare, les étalages en désordre, comme si la force manquait aux vendeurs. Cela se comprend: maigres ou gros, ils sont exsangues. Quand je quitte notre quartier, je débouche sur la route principale. Elle mène à Whitburn. J'ai alors le choix entre un parc de jeux à droite et des échoppes de nourriture à gauche. Le long du trottoir des maisonnettes avec leurs aplats de gazon et leurs fenêtres de bois (pas d'isolation, de la peinture blanche écaillée). Sous l'effet du vent, les pots de fleurs ont versé. Ils ont craché leur terre dans l'herbe. En face, un coiffeur annonce: mardi, deux pour le prix d'un. Dimanche, ouvert. La dernière maison de la rangée est construite dans la robe d'un pont. Son nom est peint sur une planchette clouée au-dessus de d'entrée: Bridgeview. Camions et voitures défilent (la bretelle d'autoroute est à 800 mètres). La famille est dans le salon. Des couvertures sur les jambes, elle regarde la télévision. Je descends au parc, j'installe mes cordages sur l'armature d'un jeu pour enfants. Je m'échauffe, j'entame une série d'exercices sous la pluie. Sur le trottoir que je viens de quitter, un couple. La dame porte le chapeau, l'homme va tête nue. Ils attendent un bus. Dix minutes (l'équivalent de trois exercices). Arrive une troisième personne. Les dames discutent. L'homme ramasse la pluie. Dix minutes plus tard, le bus. A nouveau seul. Au loin, le souffle de l'autoroute. Au-dessus du parc, le chuintement des pneus qui écrasent la route inondée. Un heure plus tard, je plie mon matériel, je me dirige vers le centre. Le village n'a pas de centre; les attractions sont alignées contre la route. Un Fish&Chips, une épicerie pakistanaise, une pizzeria rapide, un kebab, un fast-food chinois, une autre épicerie, un club de boxe, un pub, le giratoire - il marque la fin du village. Je traverse et reviens par le trottoir opposé. Ce sont les mêmes échoppes de nourriture, deux pubs, un salon de jeu et une salle de paris équestres (pas de club de boxe). J'oubliais: il y a un magasin de bonbons. Seul endroit lumineux à dix kilomètres à la ronde. Cent tiroirs remplis de sucreries dans une boutique au décor de salle de bains. Des adolescents boutonneux viennent en voiture, remplissent des sacs, retournent en campagne. Ils vont regarder la télévision, regarder la pluie tomber, jouer à papa et maman.  

dimanche 7 août 2016

Susan Boyle 2

La médiathèque du boulanger, librairie de Toronto, vend aujourd'hui ma biographie de Susan Boyle pour 84 Euros. Encore quelques années, et ce sera Sotheby's.

Susan Boyle

Il y a sept ans, lorsqu'il fut question pour l'écriture de la biographie de Susan Boyle de raconter ses premières parutions en public, j'ai recherché une image de sa maison d'après l'adresse, j'en ai fait le tour à l'aide d'un logiciel panoramique, puis je suis monté à la verticale pour avoir un aperçu du quartier. Le village de Blackburn,où vivait Susan Boyle se trouve dans le West Lothian, région de la capitale écossaise Edimbourgh. Les maisons sont de base carrée et rectangulaire, bâties en briques fumées. Les porches ouvrent sur des aplats de gazon. Séparées par des allées, sans clôtures, les maisons sont toutes du même modèle. J'ai longé la rue (en images) et j'ai cherché l'artère commerçante. J'ai ensuite cherché quels étaient les pubs. Une fois en possession de leurs noms, j'ai vérifié leur ancienneté. L'un des deux n'existait pas à l'époque où Susan Boyle était adolescente. J'ai trouvé des photographies privées de soirées passées dans ce pub et j'ai ainsi pu reconstituer la configuration de la salle à boire avec son comptoir, son salon, sa table de billard. Mon but était de découvrir un juke-box. Il y en avait un. De sorte que j'ai décrit Susan Boyle appuyée contre le juke-box poussant la voix sur les titres que commandaient les clients. Avec quatre autres, cette scène figurait parmi les plus spéculatives de la biographie. Le texte achevé, j'ai remis au photographe une liste de vérifications a effectuer sur le terrain (je ne me suis jamais rendu en Ecosse pour l'écriture du livre). Certaines questions avaient trait à cette scène. Arrivé à Blackburn, mon collègue s'est rendu au pub. La conversation s'est engagée. Aussitôt qu'il a évoqué la chanteuse (qui cette année-là défrayait la chronique), un habitué lui a dit qu'il la connaissait bien, qu'elle fréquentait en effet ce pub et qu'à l'époque elle participait aux soirées karaoké. Quant au juke-box, elle en était une grande utilisatrice!
Ce jeudi, j'ai atterri à Edimbourgh pour prendre possession d'une maison appartenant à une couple qui se trouve actuellement chez moi, en Espagne. La maison se trouve à East Whitburn. Elle est en tous points identiques à celle de Susan Boyle, laquelle se trouve à 1,5 mile. Le pub dont j'ai parlé se trouverait, d'après mes calculs, entre les deux maisons.