samedi 25 juillet 2015

Faire

Comment fait-on les choses? A moitié. Toujours à moitié.

Américains

Étrange nostalgie chez les Américains: ils regrettent ce qu'ils possèdent, leur vie quotidienne, leurs espoirs de chaque jour.

Contraire

Le fantasme d'être le contraire absolu de ce qu'on est. La folie d'y tendre.

Camarade

École de commerce de Lausanne en 1984 - j'ai eu l'occasion de le dire ailleurs - une caserne arpentée par des ratés de l'éducation. Introduisez un gosse par une porte il en ressortait un adulte châtié. Quoiqu'il en soit, figurait parmi les camarades consentants de ma classe un beau garçon charpenté et affable, les cheveux en brosse, qui faisait des notes moyennes et, naturellement, séduisait les femmes, dont l'une, plus curieuse que la moyenne et marquée par un début d'engagement politique, me confiait volontiers ses inquiétudes. Inutile de préciser: à l'heure des jeux de séduction, elle se tournait vers le beau garçon. Si je rapporte cela, c'est que le mois dernier, je regardait une film hollywoodien sans relief et qui est-ce que je reconnais? Mon camarade! Il tient un petit rôle. Il a les cheveux en brosse. Il n'a pas vieilli. Il est affable, discret, sans personnalité, quelque peu fat.  Et il joue le rôle du séducteur malheureux à qui la vedette ravit naturellement la bien-aimée.

Diego 2

Rencogné dans le divan de réception, le premier matin avant l'étape à vélo sur les Pyrénées, à Tossa de Mar, Diego, le Chilien que je côtoyais alors pour la première fois, me tend la main:
- Mon nom est Diego. Je suis traumatologue.
Le soir même, au restaurant, intervenant dans la conversation que tiennent douze commensaux:
- Moi qui suis traumatologue....
Plus tard, au cours du voyage d' une semaine, il répétera par deux fois:
- Je suis traumatologue. J'ai étudié la médecine pendant quatre ans. Ensuite je me suis spécialisé. J'ai étudié le bras. Deux ans. Et puis une autre spécialisation: l'os mineur du coude. Deux ans. Je ne suis pas n'importe quel traumatologue. J'ai étudié pendant huit ans!

Vinyl

Tirant un vinyl de sa pochette, le posant sur la platine, consultant les textes du feuillet avant que le premier titre ne joue, je mesurais combien la dématérialisation du monde est d'abord un négation de l'esthétique.

Autre théorie de l'enfer

Tu demeures captif du pire moment de ta vie.

Disparition

Quand quelqu'un disparaît, jamais personne ne regarde en l'air.

Axiologie

Je me répète: "l'argent, voilà le problème, l'argent et l'axiologie neutre qu'impose à nos sociétés". Mais il y en a un autre: l'intelligence. Au-delà d'un certain niveau d'intelligence, l'homme en tant qu'animal social est voué à l'échec. Avec lui sa civilisation.

Hirondelles

Depuis quelque temps, je m'intéresse aux hirondelles. J'aime leur vol équivoque, leur chants effilés, leurs vrilles nocturnes, leurs trajectoires dans le soleil, la force qu'elles conservent dans le corps au milieu des chaleurs de Castille. Je les entends au-dessus de ma tête, je me souviens avec ravissement des meilleurs après-midi de Gimbrède. En juin, je les ai croisées à Montealegre, près de Valladolid, dans un paysage ocre aux faades jaunes et aux volets clos. Dans les verres, l'eau était chaude, dans les champs, il y avait surtout du ciel et j'ai le grand bonheur de les retrouver ce soir, jouant au-dessus du toit, sur la colline, à Fribourg, comme je suis seul dans l'immeuble - il faut que je m'y intéresse, que je voie si elles perçoivent certains avantages à l'absence d'homme, que nous ne pourrions, par définition, percevoir.

Gala

Luv écrit un mesasage:
- Aplo et moi venons à Fribourg. Gala est là?
Je réponds:
- Gala? Connais pas. 

Agréable

Ce sentiment d'être le dernier homme en ville est bien agréable. Il fait bon. Quelques oiseaux volent. La nuit tombe. Le jour a été silencieux. Le ciel est immobile. Et quand il n'y aura plus à manger, quand aucune eau ne sortira plus du robinet, je mettrai des balles dans le magasin. Ce ne sera pas aussi atmosphérique. Les fins manquent de poésie. Le réveil est animal. En temps de paix et de richesse, de combat et de confort général, il y a déjà tant de cris: qu'on imagine quand la sève se retirera. Mieux vaut garder le pistolet à la main.

Dedans

Plaisir d'être là et d'être fatigué. Je m'assieds, je me couche. Je regarde par la fenêtre. Que vois-je?  Le temps est maussade, c'est le cœur de l'été. Nous sommes samedi: depuis le matin j'ai compté trois voitures. Voilà comment devraient être les villes. A l'abandon. Pas délabrées, délaissées. Toutes de murs, de façades, d'arbres tranquilles. Et si un passant s 'aventure, il ne va nulle part. Il marche un peu. Ayant marché, il renonce, il rentre chez lui, ou plutôt, il disparaît. La précipitation est une maladie. J'en connais une autre. Le renoncement à sortir. Au réveil, pas de filtre à café. C'est ennuyeux. Je cherche des solutions. Il n'y en pas. Il y en a toujours. J'ouvre les tiroirs. Une serviette? De quelle couleur la serviette? Et si mon café est rouge? Je regarde par la fenêtre. L'essentiel est de ne pas sortir. Même pas, comme la semaine dernière, par le raccourci qui permet de se rendre au supermarché sans croiser personne: car à vrai, dire, au supermarché, il y a des femmes et des hommes.

Sagesse populaire

La sagesse populaire consiste à jouir du présent et à se représenter l'avenir comme autant de moments présents. Ni excès ni épargne. L'excès est lié à la noblesse, l'épargne à la bourgeoisie. Lorsque le peuple perd la sagesse, il n'a plus accès au présent que par la drogue. Condition universelle du prolétaire.

Rapetou

L'attaque de banque ayant échoué, nous fuyons à pied à travers la ville. Je cours devant, je montre le chemin. Un talus barre le passage. Je le gravis. Trop raide. Je glisse, je retombe. Mes sept complices paniquent.
- Séparons-nous!
Les uns partent vers la porte Nord, les autres m'emboîtent le pas. Nous gagnons un champ de coton. Les fleurs forment au sol une duvet épais. Le Bègue montre comment échapper aux flics: il plonge dans le duvet, il disparaît. Je fais de même.
- Et maintenant taisez-vous! Leur-dis-je.
Mais rien n'y fait, le Bègue et le Corse continuent de parler. Ils parlent de plus en plus fort. Je sors la tête du duvet de coton. Un femme  sur un petit balcon attaché à la muraille du château-fort crie:
- Je vous ai vu! Je vais vous dénoncer!
J'attrappe le Bègue par le collet:
- Tu es génial, mais tu est un génie imbécile! Pauvre imbécile!
Nous glissons en bas du talus. Nous sommes à nouveau dans la ville. On entend siffler les flics.
- Il faut se séparer! Dis-je.
Mes deux complices s'élancent. Je les arrête:
- Case Postal 7, à Marrakesh!
- Qu'est-ce... qu'est-ce que...? Fait le Bègue.
- Pour se contacter imbécile!
- Mais où est cette case? Demande le Corse.
- A la poste centrale! Dis-je en enfilant une rue avant de m'apercevoir qu'il s'agit de la rue de la Justice et de la Police.
" Il faut que j'essuie les empreintes du pistolet!", me dis-je. Puis: "Inutile, je le porte sur moi, empreintes ou pas, ces salopards sauront qu'il est à moi!"
Je passe devant deux avocats.
- Tiens, disent-ils dans mon dos, il est sorti de prison celui-là?
Et l'autre:
- Oui, il est en cavale.
"Je vais en prendre pour trente ans cette fois! Il y a une porte au bout de la rue, et elle sera fermée!  Je me vois déjà, dans la cellule, rejouant des milliers de fois ce moment précis: je cours et je sais que je vais me faire prendre et qu'ils vont me mettre dedans pour trente ans!"
J'avise un escalier de bois.
"Si je monte par-là, je sortirai par les toits!"
 Je n'en fais rien, je continue de courir.
" je vais prendre un bus,  un bus qui m'emmènera loin de la ville. A la sortie du bus, je ne pourrai pas payer. Comment ferai-je? Et le soir, pour dormir, pour boire, pour manger, je ne pourrai pas payer, je n'aurai pas d'argent. Il ne me restera plus qu'à braquer une banque..."





Grimace

Ces personnes qui pour acquérir puis conforter leur position sociale ont toujours au visage la grimace du pouvoir.

Poids de l'Etat

La valeur de l'argent est définie par le travail. La production précède la rémunération.
Le statut économique particulier du fonctionnaire d'Etat tient au fait qu'il détermine sa production en fonction des sommes prélevées sur la société. Sa notion du travail est ainsi liée à la dépense et son action déroge au principe majoritaire. Au-delà de son rôle fondamental (assurer des conditions de production pérennes), cette notion anticapitaliste du travail pèse fatalement sur l'effort social.
De plus, comme autrefois dans les régimes finissants, monarchiques ou communistes, nous avons affaire aujourd'hui à une politisation de Etat. Celui-ci est géré à la manière d'une entreprise. Il sert les intérêts corporatifs de ses membres. Techniquement, cela revient à justifier par une création artificielle de travail une ponction financière accrue sur le travail productif. Approche qui implique à terme une rupture du contrat social. Le phénomène est d'autant plus grave qu'il s'inscrit dans une logique de démultiplication des pouvoirs des fonctionnaires.
En multipliant les instances prédatrices au niveau supranational tout en conservant les privilèges fiscaux des Etats, l'Union européenne accélère l'épuisement des forces de production.
Aux tensions sociales à venir, il y aura deux types de réponses : la liquidation des Etats nationaux au profit d'une technocratie dégagée de tout contrôle parlementaire ou une alliance contre les peuples des technocrates et des grands détenteurs de capitaux que sont les banques et les multinationales. Dans les deux cas, cela implique un schéma totalitaire.

jeudi 23 juillet 2015

m-m-m

La "vraie vie" rimbaldienne est la sublimation poétique d'une énergie fauve. Un cri qui s'exprime en vers. Sa source est dans la vie. Or, c'est peut-être à cette vie, sous nos latitudes, à cent ans de distance, que nous n'avons plus accès. Dans la fausse vie, la détresse comme la joie sont impossibles, l'angoisse remplace la peur, le désir remplace le sentiment, le faux désir, le désir vrai. Gravissant les cols de Navarre la semaine dernière je fredonnais:
- "m-m-m"
Ce que je traduisais, lisant tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche: man-made-machine, machine-made-man. 

Zones de transit

Sainte-Beuve, illustrant son propos sur la présomption chez les jeunes gens d'une citation extraite des Dialogues de Sénac de Meihlan (je ne connais pas, je reprends tel quel). "L'homme [] quand il est jeune [] ne se connaît pas et se croit un être curieux et rare."
Heureusement, car ce défaut venant aujourd'hui à manquer, l'affolement gagne! De quoi se nourrira en effet la critique chez l'adulte si elle ne peut se fonder sur le démenti des illusions? Quelle enthousiasme, quelle naïveté porteront le jeune vers l'avenir s'il tombe dans l'âge avant d'avoir vécu? Avant de se donner raison, il faut qu'il erre! Rien de plus inquiétant, de plus urgent à traiter que cette vampirisation de la jeunesse! L'écrivaine dont je corrige le travail (elle a vingt-trois ans) me disait par exemple après lecture de la pièce de théâtre Art de Yasmina Réza (texte populiste que je lui donnais à lire pour l'interroger sur sa propre écriture):
- Je n'aime pas. D'ailleurs, elle dit pleine de choses! Moi, je ne dis rien!
Et par rien, il faut entendre: ce qui me passe par la tête, c'est-à-dire ce qui, passant par la tête, est logiquement venu de l'extérieur et y retournera; en d'autres termes, un produit de l'industrie.

Argent

De démoniaque dans nos sociétés - au sens de ce qui hante la conscience, rend étrangère la parole et gaspille les forces de l'âme - il y a l'argent.

Inactivité

Il n'y a d'évitement de la folie dans l'inactivité que par deux comportements, à bien des égards proches, et qui tous deux exigent intériorité et recréation du monde: l'art et la prière.

mercredi 22 juillet 2015

Tri

Salutaire cette liste que je fais en parcourant pièce par pièce l'appartement, classant par catégories ce qui tombe sous le regard: à jeter, à donner, livres-habits-armes. Et mon père, à qui je fais cadeau de la BMW, me dit:
- Il faut tout de même que je voies, si tu dis qu'il y a un témoin lumineux qui s'allume au tableau de bord, dès fois que les imbéciles lors de la prochaine inspection....
- Tu la jetteras!
- Mais enfin, on ne peut pas jeter une voiture de cette qualité!
- Ah, bon? Et pourquoi pas? A la poubelle!

Esthétique

Que nos vies paraissent volontaires et cohérentes vues de l'extérieur!

Mesure

Dans des sociétés juridiquement conformes et fortement administrés telles que les nôtres, le laxisme des autorités permet de mesurer le degré de résistance du peuple à l'arbitraire.

Petits

En juin, l'année scolaire finie, des enfants petits et suisse-allemands jouaient toute la matinée dans le préau qui donne au niveau de ma salle de bains. Ils étaient trente, quarante. Des monitrices les gardaient. Trois monitrices. Ce matin, je me brosse les dents. J'ai mal dormi, je n'ai pas dormi. Piqué par les moustiques. Fâché de l'affaire avec Gala. Emmerdé. Je n'entends pas les petits. J'ouvre grand ma fenêtre. Ils sont là. Il n'y en a plus que cinq. Tous les parents sont en vacances sauf les parents de ces cinq enfants. Je vois leur bonheur. Le souvenir qu'ils garderont de ce préau chaud, vide, tout entier pour eux. Ce que ne sauront jamais les autres.

Terracol

Gala, hier, au téléphone et à l'écran, dit:
- Non... finalement, non. Il va faire trop chaud en Andalousie... Et puis, c'est comme ça... J'ai promis à mon fils... Pour mon anniversaire... D'ailleurs, c'est de ta faute. Il suffit que tu te relises... relis ton mail du... Attends, je l'ai là...
Et un autre billet d'avion perdu.
Évidemment, là n'est pas le problème.
Plus tard, Tatlin en ligne:
"Je me demande ce que je vais pouvoir faire de ma vie lorsque je vais rentrer en Allemagne."
A quoi je réponds:
"Je me posais la même question: que faire?"
Puis je l'avertis que j'ai reçu la veille un courrier de l'Etat (elle est domiciliée chez moi):
"Tu veux que je te l'envoie?"
"Oh non, j'ai tellement peur de ces courriers, envoie directement à mon avocat!".
"Tu ne veux pas venir en Andalousie la semaine prochaine?"
" Je suis à Amsterdam. Je me suis remis à la *****"
"Moi, j'ai un stage commando".
"Guerre et poésie! Fantastique!"
La conversation finie, comme je descends relever la boîte à lettres, je trouve un envoi de Christian Désagulier. Un colis. Deux exemplaires de la revue Toute la lire. Page 39, la publication in extenso de mon livre écrit à La Chartreuse de Villeneuve-les Avignon en 2002, Cassations.

Chaleurs

Gazon sec, jauni. Le vent lève dans les arbres. Le thermomètre du bureau indique 32 degrés. Les Andalous ont quitté l'appartement mercredi. Depuis ce matin, j'ai rempli huit fois le tambour de la machine à laver. Au téléphone ma mère me dit: "tu n'es pas tombé sur des gens communs. Pour leur reprendre les clefs, je leur ai donné rendez-vous à la sortie d'autoroute de Vaulruz. J'ai prononcé "vo-ru", puis j'ai épelé. Ils étaient à l'heure. Figure-toi que l'un d'entre eux est professeur de philosophie! Il a admiré ta bibliothèque..."
J'étends le linge et surveille le ciel. L'orage menace.
Hier, j'ai dû sortir. J'ai mis des lunettes sur le nez, je me suis faufilé entre les haies, j'ai emprunté le sentier du Guintzet qui mène aux terrain de sport, j'ai gagné la rue du Jura par les escaliers de l'Ecole de conduite, je suis descendu dans le souterrain, je suis entré dans la Migros, j'ai rempli mon sac à dos avec le sentiment de me servir au rayon d'une pharmacie. Cela devrait permettre de tenir une semaine sans quitter l'appartement. A la caisse, un client disait:
- Et Manuel?
- Manuel? Répondait la caissière en glissant les articles sur le scanner.
- Manuel.
- Quel Manuel? Manuel?
- Oui, Manuel.
- Il est en vacances.
- Au Portugal?
- Au Portugal.
- En vacances.
- Oui, en vacances... Et toi?
- Oui.
- Tu es rentré?
- Je viens de rentrer.
- Du Portugal?
- Du Portugal.
J'ai pensé: "au fond, parler, c'est assez simple". J'ai acheté un Coca-Cola et j'ai fait ce que je ne fais jamais: je l'ai bu dans la rue. Maintenant, assis à ma table de travail, je regarde le ciel. Le ciel puis le gazon jauni et sec. Des corbeaux noirs volent dans le ciel noir. Une neuvième machine tourne en bas. Des draps et des housses. S'il pleut, je ne saurai pas où les mettre à sécher. J'ai occupé tous les meubles de l'appartement. J'ai étendu les draps précédents sur la table du salon, les armoires, les chaises, le vélo d'intérieur... Si quelqu'un entre, il se croira dans un garde-meuble. S'il demande "tu déménages?'", je lui répondrai :
- En novembre.
Et toujours sans mentir:
- Je ne sais pas où je vais aller.






dimanche 19 juillet 2015

Diego

Dans la camionnette qui nous ramène à Madrid, Javier raconte que Diego, avant la traversée des Pyrénées, a participé au début de ce mois à la traversée des Dolomites.
- Dans les mêmes conditions?
- A peu près. Il a tant exaspéré son camarade de chambre que celui-ci a sorti sa valise sur le palier. Ensuite, il a fallu les séparer! D'ailleurs, je ne vous ai pas dit: à Viella, il a dû quitter la soirée privée, les hôtes menaçaient de lui casser la gueule!
- Et il est où?
- Il devait venir avec nous à Madrid, mais ce matin il a commandé un taxi. Tu as vu le taxi, devant l'hôtel de San Sebastian?  Il l'a demandé, puis il est remonté dans sa chambre et il a prétendu qu'il n'en voulait plus. J'ai dû le payer. Ensuite, il devait de l'argent à Teresa. Pour les massages. Il est parti à la banque en chercher. Il n'est pas revenu...