samedi 11 avril 2015

Banalité

Dire ce que l'on fait. Se raconter. Sans autre ajout d'idée, sans jugement. Une simple énumération de faits. Imaginons que j'adopte le point de vue extérieur pour tenter de répondre en tout franchise à la question: que fais-je? J'écris deux ou trois livres par année, je me promène dans le monde en touriste, je fais du sport. Voilà pour l'essentiel. Ainsi présentée, la chose est simple. Trois activités, l'écriture, le sport, le tourisme qui relèvent du passe-temps. Tel est donc mon emploi du quotidien. Mais il faut préciser qu'il n'y a d'existence que considérée de l'intérieur. Extérieurement banale et descriptible en quelques mots, chaque activité  est accompagné d'une résonance sans laquelle elle ne saurait être mesurée à sa juste valeur. Les répercussions intérieures de ces traversées touristiques du monde par exemple: elles sont innombrables. L'art en général peut donc être considéré comme un tentative d'exposer l'intérieur de l'homme.

Tempête

Après les températures clémentes du lundi de Pâques, une tempête lève en méditerranée interrompant le trafic des bateaux. Sur le quai visible depuis le balcon retombent les écumes des vagues qui fouettent les digues. Les enfants jouent sur les blocs de pierre et reviennent détrempés tandis que les badauds, pinçant leurs cols entre deux doigts, observent inquiets les mouvements gris de l'eau.

Euro-Kinesia

Rue Fuensanta, des Russes tiennent un club de sport réparti sur deux étages, chacun pourvu des mêmes machines. L'un est réservé à la rééducation, l'autre à l'entraînement. Ainsi, les amochés qui fréquentent le premier étage ne sont pas découragés à la vue des athlètes et ces derniers ne sont pas freinés dans leur exercices à la vue des accidents dont ils sont menacés.

Torrevieja

Torrevieja, en ce week-end pascal, quelque peu moins léthargique que l'année précédente. Des boutiques ont ouvert, des bars aussi; mauvais signe cependant, la jeunesse se bouscule pour dîner de pizzas dans des emballages carton, une habitude que les Espagnols, à la différence des Nordiques, n'avaient jusqu'ici pas contractée. Nos promenades rituelles nous mènent sur le quai, le long des échoppes du marché artisanale où des Africains vendent de la camelote importée d'Asie, au parc d'attraction installé contre la Marina, puis dans le centre pour manger des glaces. Le moment le plus agréable de la journée demeurant le repas de l'après-midi dans l'un des restaurants du quartier, le Galicien, la sidrerie, mais surtout El Rincon de Andres où une famille de quatre personnes tient tous les rôles comme l'établit la photographie accrochée au-dessus du bar: Andrès, le chef, Conchita, la cuisinière, la fille et le garçon, seize et dix-huit ans, responsables de la terrasse et de la salle à manger.

vendredi 10 avril 2015

Mortifère

Logique infinie du régime marchand: l'Etat dépense trente millions d'Euros pour renforcer la clôture qui défend l'enclave espagnole de Melilla des incursions des immigrés là où un coup de fusil suffirait.