mardi 10 mars 2015

Cloches de Fribourg

Fribourg, le Guintzet, 22h17. Les cloches de Saint-Michel sonnent à toute volée dans l'air doux du premier printemps. Ignorant des cloches et des rites, je m'étonne de ce beau bruit comme de son interruption subite après quelque minutes.

dimanche 8 mars 2015

Dates et heures

Je flâne dans Rambuttri quand d'une terrasse me hèlent les trois Italiennes rencontrées dans le car Trat-Bangkok. Elles m'interrogent sur mon départ. J'annonce que mon avion est pour le lendemain, que j'ai dû réserver une nuit de plus. Elles me font remarquer mon erreur, mon vol est ce même soir. Il y a des rencontres providentielles.

Hommes bleus

Khao San, Bangkok, la rue où rien n’étonne personne. Promenez-vous avec une casserole sur a tête, nul ne se retournera. Or, un couple produit la stupéfaction. Je suis choqué. Jusqu'au bassin, tous deux semblent avoir été trempés dans un pot d'encre. Leurs jambes sont uniformément bleues. Au-delà, la peau est complètement tatouée, mais dépourvue de motifs. Le visage et une partie du crâne sont également bleus mais striés d'éclair rouges, jaunes et noirs formant un chaos. Plus une centimètre de peau naturelle nulle part. Le garçon, lui, à la moitié de la tête rasée et tatouée. La fille a les cheveux relevés et les taches d'encre remontent au-dessus des oreilles. Leurs yeux sont trafiqués au moyen de lentilles de contact. Ils sont jaunes et rouges. Ils vont pieds nus, comme des lézards qui tiendraient sur les pattes arrière. L'effroi se lit sur les visages des passants. Rapport au corps, jamais il ne m'avait été donné de voir acte aussi fou. Hier encore, revenant sur mon étonnement, je songeais aux parents de la fille. A leur désespoir. Et bien entendu à l'avenir impossible de ces deux bêtes de foire.

Complexes

Le catholique n'a pas de complexe - il les transmet au curé curé et celui-ci les fait disparaître. Pour le protestant, il les a discuté avec Dieu, lequel les lui a mis à charge.

Massage

Et après la boxe, une heureuse idée: le massage. Dans une petite boutique proche du marché travaillent trois femmes. Quand je pousse la porte, un thaï est couché sur la table. Je me change derrière un rideau. Il a déposé en vrac une liasse de billets de banque, ses clefs de voiture et ses cartes. Merveille que ce règne général de la confiance. Les premières pression qu'exerce la masseuse me sont connues. je suis couché sur le dos, elle travaille les muscles des chevilles et des jambes. J'observe le plafond. Il est en damier. Dans chacune des cases, suspendu à un crochet, un anneau. Drôle de décoration, me dis-je. Éreinte par l'entraînement de boxe, je ferme alors les yeux. Une pression plus forte que les autres me les rouvre. La masseuse est debout sur moi, un pied en équilibre sur chaque cuisse. Elle se tient aux anneaux par un chiffon noué et se dandine faisant ainsi passer la pression d'un côté à l'autre. La séance ne fait que commencer. Elle sera pratiquée entièrement debout. Et durera une heure et demie. Par moment, la douleur liée aux pressions est si forte que je crains qu'un os ne se brise. Et je ne cesse de me poser cette question, source de curiosité plus que  d'inquiétude: qu'en est-il du rapport de poids? La masseuse sait-elle mon poids? Si j'étais fragile? Elle pèse 60 kilos, j'en pèse 74. A la fin, sa collègue me verse un thé au gingembre et arrache une petite banane d'une régime. Comment je me sens? Parfaitement bien. (Trois jours plus tard, à Bamglamphoo, lorsque Sang me prodigue le massage habituel, je dois cependant lui demander de réduire la pression, les muscles étant encore douloureux).