samedi 7 mars 2015

Muay thaï

Entraînement de boxe dans le gymnase en plein air de Ban Phra. La veille, j'avais expliqué que je souhaitais surtout améliorer la technique poings, mais c'était oublier que les mouvements de jambes dans le Muay thaï sont différents et me voici donc à faire des aller-retour entre deux poteaux, passant la tête d'un côté et de l'autre d'une ficelle sous l’œil vigilant des champions locaux qui, sans prendre garde qu'ils mesurent vingt centimètres de moins, ont placé la ficelle à la hauteur habituelle. J'ajoute qu'il fait 32 degrés. Nous passons ensuite sur le ring. Entre chaque exercice, l'entraîneur impose deux minutes de pause pendant lesquels je perds un demi-litre d'eau. Cependant son assistant me masse le dos, les épaules, les bras, me fait boire et relance. Bien décidé à revenir avant la fin de l'année pour un stage de deux semaines. 

Ancien aéroport

Promenade sur l'ancien aéroport de Trat. Le dimanche, les familles achètent de grands sachets de boulettes soufflées roses, vertes et bleues et nourrissent les poissons mutants de la pièce d'eau, des spécimens obèses et translucides qui fixent d'un oeil méchant les enfants rieurs.

Attraction

De retour de la gare routière où je suis allé acheter mon billet pour Bangkok, je gare mon vélo contre un parc d'engins installé par le département municipal des sports. Quelques femmes pédalent sur des vélos statiques ou tirent sur des machines à ramer ne plein air côté ombre. Avant même de commencer les exercices, je suis détrempé. Or, pour ne pas gêner ni devenir une attraction, je me place côté soleil. Au bout de quelques minutes mes habits sont à ce point détrempés qu'on voit ma figure à travers eux, mais de plus je sui,s et aussi longtemps que je serai dans le parc demeurerai, une attraction.

Philosophie du langage

Discutant avec cette fille qui fait de la méditation yogique, j'essayais d'expliquer comment procède la philosophie occidentale une fois réalisée la séparation du corps. Elle faisait de grands gestes d'affolement. A raison:  je m'affolais moi-même de mon explication.

Coupe royale

Chez le coiffeur. Voilà une expérience qui mériterait d'être répétée dans chaque pays que l'on traverse. Quelque chose du caractère national s'exprime dans le geste du personnel, l'attitude des clients, le décor des locaux, l'ordre de la cérémonie. Le sièges sont occupés quand j'entre. Je prends place sur un banc de bois. Appeler cela un salon serait superfétatoire. Nous sommes proches de l'étable ou du garage. Voici la description: une moto garée sur la droite, un horloge de plastique rose accrochée au mur, l'heure est arrêtée, sous les meubles de contreplaqué, tous de guingois, le carrelage est souillé comme le seraient les parois d'une porcherie. Quant au sol, il est irrégulier. Il y a aussi des peintures, elles sont de différentes couleurs et par aplats, indiquant dirais-je, les différentes périodes d'intervention, car à n'en pas douter, le salon date de la dernière guerre. D'ailleurs le coiffeur qui me fait asseoir, maintenant que c'est mon tour, doit approcher les 70 ans. Il a le rire jaune. Une fine moustache. Un paquet de rides et des gestes onctueux. Il est visiblement heureux de pratiquer ce métier. S'il priait, il n'agirait pas avec plus de concentration. Pas un mot d'échangé : je pose un doigt sur les cheveux courts, côté oreille, un autre sur les cheveux longs, au sommet de la tête et donne les intervalles. Il opine du chef et se met au travail. Dix minutes plus tard, le résultat: impeccable. Entre temps, j'ai admiré les objets amoncelés sur le meuble de miroir: peignes édentés, ciseaux tavelés de rouille, brosses chauves, couteaux sans manches... Un autel fleuri, alimenté du jour et partout la photo du roi. Maintenant que j'ai dit ma satisfaction, le coiffeur rassurée s'occupe des finitions. Il casse une lame Gilette et la sertit dans un vieux couteau. D'une pression de la paume, il m'oblige à pencher la tête et rase dans l'ordre les pattes, les poils du nez, le contour des oreilles, tout cela en agitant avec dextérité son couteau à quelques millimètres de la prunelle de mes yeux. Pendant l'exercice, je songe que ce pays doit à tout prix éviter le démocratie. Qu'on ne peut raisonnablement souhaiter plus grand cauchemar à son peuple. Que les militaires protègent le roi, que le roi défendent les thaïs, que le peuple honore les dieux et le roi. Long live the king, comme dit le slogan. Plus particulièrement ces jours, où il se murmure en coulisses, que le monarque est mort et que les militaires reculent le moment de l'annonce afin de préparer la succession et éviter que les nouveaux riches qui depuis des années tentent de faire main basse sur le pouvoir ne profitent de l'occasion pour atteindre leurs fins.

Trat

A Trat, dans le quartier de Ban Phra, le long de cette rivière qui servait de voie de commerce entre les thaïs et les chinois au dix-neuvième, les premiers livrant des noix de cocos, les seconds apportant de la céramique et des produits manufacturés. J'y suis venu il y a cinq ans, ignorant alors l'histoire du lieu, mais elle conforte la sympathie que j'avais aussitôt éprouvé pour ces petites rues aux échoppes de bois qui rappellent l'unité des villages et l'atmosphère familiale qu'on imagine propre aux époques de tradition. Pour varier les plaisirs, je m'installe dans le meilleur hôtel du coin, d'ailleurs achevé de fraîche date. Il ne compte que quatre chambres, mais leur tenue n'a rien à envier au Hilton. Et à la différence du grand établissement, un pas pour atteindre l'épicerie, un autre pour sauter sur son vélo et aller manger au marché. Le soir, promenade sur l'estuaire du fleuve flanqué de gargotes. Pas un touriste. Ceux qui sont de passage ne retiennent de la rue principale, ingrate, que la laideur. C'est bien ainsi. J’imagine une projet de boulangerie dans cette ville.

vendredi 6 mars 2015

Faire

Faire est naturel, devoir faire ne l'est pas.

Adieux

Ce matin, je retourne sur le continent. Pierre-Yves est sur le ponton avec l'Allemande. Il m'aide, me tend mon sac (qui pèse comme au premier jour, un kilo) et avec une générosité touchante, me fait des signes jusqu'au moment où le bateau ayant manœuvré pour placer la poupe en direction, se met en mouvement.

jeudi 5 mars 2015

Yoga

Sur la terrasse de la cabane du maître de yoga, séance de méditation de vingt minutes pendant laquelle il me fait jouer avec le souffle. L'effet est étonnant: perte de la notion du temps, corporéité soudaine des odeurs et des sons.

Affection

Ce besoin d'affection des femmes, insatiable, que ne peuvent comprendre les hommes et qui, incompris, devient le fondement par défaut du rapport des femmes au monde, lequel est alors transformé en un feu d’artifices.

Principe de non-contradiction

Elle prônait l'ouverture, elle se permettait donc d'avoir l'esprit étroit.

Personnages de Wey

Combien de touristes à demeure de ce côté de l'île? Une trentaine? Parmi lesquels des personnages. Un Irlandais à barbe de père Noël. Vous ne pouvez le rencontrer sans qu'il fasse de l'esprit. Il est petit, dodu et porte la toge. Sa femme trottine. Elle des airs de Miss Marple à l'heure du thé. Lorsque je me promène sur le sentier forestier qui surplombe la mer, je les aperçois au large, seul au milieu des eaux, nageant de front avec ravissement. Crank occupe à lui seul une crique proche de celle où  réside le couple. Une jour je le croise dans la forêt. Que fait-il toute la journée?
- Je me suis fait livrer une guitare.
- Tu joues?
- Je gratte. Jouer, je ne sais pas. Mais je me suis juré d'apprendre. Elle était stockée à Trat. Peut-être qu'elle  a pris l'humidité.
Il semble nerveux. De la sueur perle sur son front. Bien entendu, de la sueur perle sur les fronts de tous les visiteurs. Au moindre geste, on sue. Mais Crank ne sue pas seulement parce qu'il a chaud; quelque chose le chicane. Des problèmes bloqués dans le corps donnent des coups. Puis il y a Tikky. Une compatriote. Hollandaise, elle aussi. Un visage taillé au burin. Elle n'est pas tannée, elle est noire de soleil. Elle est riante. Vulgaire et drôle. Au milieu de la conversation, elle vous explique comment elle a lavé ses culottes, ce qu'il lui en a coûté, comment elle s'est placée sous l'arbre, quelle quantité de savon elle a utilisé. Un autre fois, elle compte à haute voix le nombre de fois où elle est allée pisser durant la matinée (les toilettes sont à cent-cinquante mètres, au pied de la forêt). Pour le reste, elle s'amuse de tout. Elle plonge et cueille des poissons, avale des salades de fruit, donne des conseils pour organiser la vie à Wey. Ensuite, il y a Pierre-Yves. L'air d'un indien d'Amazonie, il est Français, natif des landes et porte son unique T-shirt. Dans son sac à dos, une pirogue gonflable. Il navigue sur les eaux scintillantes le sourire aux lèvres. Sa conversation est agréable, son caractère naturellement modeste, vertu rare. Chaque jour, il répète:
- Ici, je ne fais pas le malin. Quand je vois ce que vous savez, tous! C'est à se demander ce que j'ai fait de ma vie.
Puis il énumère tout ce qu'il fait et conclut:
- Tu vois, pas grand-chose...
Un jour, je lui demande son métier. Je ne suis pas certain de saisir:
- Conducteur d'argent?
Je m'étonne. Il est musclé, mais paraît trop doux pour assumer cette responsabilité. Je ne le vois pas se crapahuter avec une mallette bourrée de billets attachée au poignet par une paire de menottes. En fait, son accent gascon m'a induit en erreur: il est conducteur d'engin. Et sur le ton de l'évidence, il ajoute:
- Mes copains me demandent comment je fais pour partir tout le temps. Eux ils cherchent du travail. Ils n'en trouvent pas. Ils achètent des écrans plats et des voitures, enfin, toutes ces choses. Et il faut voir leurs appartements! Cinquante mètres, cent mètres! Moi, dès que je rentre, je travaille. Il suffit de vouloir.
Et juste après, comme nous parlons de maladie, il explique sur un ton absolument dégagé, les affres de souffrance par lesquels il est passé, un cancer:
- Forcément, à force d'être assis, dans cette position, à manœuvrer des grues...
Enfin, il y a l'Allemande. Une habituée. D'ailleurs, elle est la seule à parler le thaï. Physiquement, moralement, elle est Allemande, et de Stuttgart, c'est-à-dire, roborative, déterminée, végétarienne, alternative, argentée, travailleuse, calme, rigoureuse, dure, convaincue. Et ces personnages, se croisent dix ou quinze fois par jour, ce qui implique tout un savoir-faire.

Parler

Durant ce séjour, j'aurai appris à ne pas parler. L'apprentissage a débuté il y a des années. Mais je n'avais jamais fait pareil progrès. Je m'en réjouis. Je m'en désole. La parole est l'acte humain par excellence. Celui qui crée, relie, fonde, prépare. Mais de la façon dont évoluent les choses...

mercredi 4 mars 2015

Fin

A certain moments, j'entrevois la fin de ma vie. Une position dans le temps et l'espace, accompagnée de sensations et de sentiments, définie par une grande immobilité. Cela me rassure. Le chemin qui y conduit devient chemin.

lundi 2 mars 2015

Distance

Certains voyageurs pensent que le fait de se rendre dans un pays étranger leur permettra de se tenir à distance de leurs problèmes. Jamais cela ne m'est apparu vrai. Ni dans l'ordre intime ni dans l'ordre de la société.

Poissons-zèbres

Levé après dix heures de sommeil, j'entre dans la mer. Aussitôt, je suis entouré de cent poissons. Ce devait être ainsi avant que la nature ne cède à l'homme.

Football

Perversion de ce jeu, le foot, désormais imbécile. Les enfants du monde entier portent des maillots de joueur qui font connaître le nom des pays qui ont acheté les clubs, pays qui prônent le totalitarisme, l'esclavagisme, la religion et la torture.

Ile

Ile de Wey. Trois anses de sable blanc, des eaux turquoises, un lit de bois dans une cabane sur pilotis. A l'horizon, des îlots verts. Des bancs de poisson qui filent lorsqu'on entre dans la mer et deux familles possédées par le génie de la cuisine.

Wey

Ile de Wey. Trois anses de sable blanc, des eaux turquoises, un lit de bois dans une cabane sur pilotis. A l'horizon, des îlots posés sur l'horizon comme des chapeaux. Des bancs de poisson filent lorsqu'on entre dans la mer.

dimanche 1 mars 2015

Programme de la journée

Installé depuis trois jours dans une cabane. Le programme de la journée: au réveil, marcher jusqu'à la mer et nager. Ensuite, déjeuner d’œufs et de toasts, de fruits et de yoghourt, de café. Ecrire et lire. Autour de midi, prendre ses distances: des groupes de visiteurs chinois et russes sont débarqués de bateaux rapides pour des parties de pique-nique. Au plus fort de la chaleur, faire la sieste. A dix-sept heures, sport: étirements, force, enchaînements de Krav-Maga. Enfin, au coucher de soleil, rendez-vous sur le ponton pour prendre l'apéritif puis discuter de l'arrivage de poisson afin de savoir chez quelle famille prendre le repas du soir.

Foule

- Non, me dit la Thaï, les cabanes sont occupées, je n'ai rien. Allez donc voir au débaracadère, peut-être que l'autre famille a un lit.
J'emprunte le sentier en sens inverse et retourne à la table où je me suis tenu en attente depuis mon arrivée à Wey, buvant de la bière.
- Aujourd'hui, nous n'avons pas de place, me dit la mère de famille. Allez voir par- là...
Je chausse mes sandales et pars dans la forêt. Sentier étroit, dévoré de racines. Un panneau avertit: serpents et scorpions. Je parierai qu'on en voit pas une par année. A mi-chemin, je croise Crank. Il est assis sur un rocher, enveloppé dans une serviette de bain.
- Alors?
- Rien.
- Va par là, il y a une troisième famille. Personne ne va par là. Enfin, pas les gens bien. Mais tu reviens demain matin, à l'heure ou le bateau quitte l'île, et tu demandes à nouveau une cabane,

Bateau

Sur la jetée, une femme aux cheveux longs, aux longues jambes, mange une soupe. Plus loin, une musulmane grille des filets de poisson sur une demi-tonneau de braise. Deux hommes jouent au Mahjong torse nu. Tout cela dans une atmosphère abstraite. Je fais quelques pas. Un navire militaire au canon bâché de noir est amarré en bout de jetée; debout devant les piles, des paysannes de la mer descellent au couteau des coquillages. La côte est semée de palmiers, c'est marée basse et les plages montrent un sable couleur rouille. Inutile de poser une question en anglais. Mieux vaut attendre qu'on me demande ce que je veux. D'ailleurs, si le bateau est bien à 16h00, je suis en avance. Je pars en promenade. A mon retour, même ambiance. La femme aux longues jambes a disparue, les joueurs dorment allongés sur un banc de pierre. Je fais une autre promenade. A mon retour, je découvre un yacht aux lignes épurées. Un blanc est en train de négocier son billet avec le marchand de soupes. Il est soulagé que je veuille aussi me rendre à Wey. Le capitaine ne fait pas le détour pour un seul passager, m'explique-t-il. Nous partageons les frais.
-Vous êtes déjà allé à Wey?
- Non.
L'homme est grand, large, il a le menton carré, les cheveux en brosse. Il est Hollandais Je remarque sa montre.
- Une Braun? Comme la marque d'électroménager?
- Steve Jobs aimait beaucoup le design de leurs frigidaires. Mon nom est Crank.
On nous embarque alors avec douze Thaïs sur le yacht. L'assistant distribue des gilets de sauvetage. Mieux vaudrait distribuer des tampons: les deux moteurs qui propulsent le bateau font un bruit d'usine. Il faut dire qu'il sont efficaces: un heure plus tard, nous accostons un ponton de planches.  Crank me hisse.
- Tu sais où dormir?
- Non.
- Alors il faut que tu ailles par là.
- Tu restes combien de temps dans l'île?
- 80 jours.
Et il disparaît dans la forêt.
J'emprunte un sentier qui amène à une plage bordée de palmiers. Dans leur ombre, en retrait, une cabane à ciel ouvert. La chaleur est écrasante. Un Thaï balaie le sable. Je lui demande que faire? Il me fait signe qu'il ne faut pas parler et indique une panneau accroché à l'entrée de la cabane: "16h00-18h00 repos"

Taxi

Je me renseigne. Il y aurait un bateau à 16h00. Le taxi m'embarque sur le pont arrière. Stationnés place du marché, ces taxis collectifs chargent jusqu'à dix personnes sur leurs banquettes longitudinales, mais leur horaire de départ, soumis à la demande, est aléatoire. Je pars donc seul. Le chauffeur est jeune, gominé, il porte la chemise. Il sent le parfum. En province, autant de signes de prétention. Il démarre et file dans la mauvaise direction. Nous voici en périphérie, dans une station-service. La fille qui fait le plein ne me quitte pas des yeux. Je n'ose plus regarder: chaque fois elle sourit. le chauffeur m'interrompt: il demande le prix de la course. Je refuse.
- Pour payer l'essence, dit-il.
Je paie. Nous démarrons. La fille agite la main.
Jusqu'au port, une section de route droite de vingt kilomètres. Plusieurs fois, je crois voir ma fin. Le taxi file une vitesse mortelle. Il me vient à l'esprit que le type vient de se faire larguer. Ou plutôt: il a perdu au jeu. Ou encore, il aurait préféré embarquer 20 ménagères. Que faire? Et si je frappais à la vitre. Elle est obscurcie. Il ne me verra pas, mais il m'entendra. Non, cela n'aurait aucun effet. Me revient en mémoire Bornéo et Java. A bout de nerfs, il m'est arrivé de descendre du bus en pleine nuit, sur un bord de route. Nous roulons de plus en plus vite. Lorsqu'une courbe se présente, le chauffeur dépasse à l'aveugle. Dans le fossé, j'aperçois trente autels rouge et argent. Pour me distraire du danger, je spécule. Que font-il là? Je parie pour un camion qui aura perdu son chargement. Pourquoi personne ne les ramasse-t il? Superstition. La présence de tant d'autels n'a pas suffit à éviter l'accident, dès lors, ces autels portent malheur. Mieux vaut ne pas les toucher. (Une semaine plus tard, repassant au même endroit dans des conditions normales, je comprendrais qu'il s'agit d'une chapelle ardente). Notre vitesse est toujours aussi périlleuse. Si le taxi sort de la route, je serai éjecté à plus de vingt mètres à la façon des hommes-fusées dans les bande-dessinées de 1950. Sauf que je ne porte pas de casque. Et ce champignon d'accélérateur qui semble dépourvu de buttoir! Le chauffeur enfonce et enfonce. Quand apparaît la jetée, il enfonce une dernière fois, pile sur les freins devant la rampe de mise à l'eau des bateaux, tourne son taxi. A peine ai-je sauté, qu'il redémarre sans même baisser la vitre.

Escaliers

Depuis des années, cent fois par jour, cette fille descend les mêmes marchent d'escalier et plusieurs fois par jour, elle les rate.