jeudi 11 décembre 2014

Gala

Gala annonce qu'elle sera de retour à 17h30. J'attends de la voir descendre du train pour y croire. Voir sa femme deux fois en six mois et continuer de l'appeler sa femme tient de l'exploit..

mardi 9 décembre 2014

Avion

Dans l'avion du retour, étrange fille assise de l'autre côté du couloir. Les yeux bleus profonds, un minois de gamine, elle peu avoir vingt ou trente ans, peut-être plus. Le corps est sinueux et désirable, les cheveux d'un blond scandinave mais pouilleux. Elle les roule du bout des doigt des comme on voit faire dans les films d'asile. Avant la fermeture des portes, l'hôtesse l'a faite se déplacer et, dans un français impeccable, la fille a fait une remarque naïve sur les numéros de siège. Maintenant, elle lit un livre en anglais dont la couverture est déchirée et les pages jaunies. De plus, une partie des feuillets est imbibé d'encre bleue. Elle lit et, soudain sa main se crispe, elle la porte alors à sa bouche et mange ses doigts. Puis elle revient à ses cheveux qu'elle triture. Elle porte un pantalon bouffant de velours noir qui évoque celui des ramoneurs ramoneur. Plus tard, je vois que tous ses habits sont troués: écharpe, blouse, pull. Cependant, comme sa voisine manifeste le désir de se rendre aux toilettes, elle se lève, souriante, courtoise. Pendant ce temps, le passager avec qui je partage la rangée de trois sièges (Monfrère a renoncé au dernier moment à quitter Málaga pour rentrer en Suisse) lisse de façon maniaque des billets de banque. Peu après, il achète une paire de lunettes de soleil à cent cinquante francs.

lundi 8 décembre 2014

Promenade

Dimanche après-midi, le marathon terminé, je marchais sur des quilles, boitant de la jambe gauche, poussant des gémissements. Lundi, comme d'habitude, nous avons mangé au Tintero II avec maman , à dix kilomètres de l'hôtel et, si j'avais insisté pour que nous y allions en taxi, après six brocs de bière, n'y pensant plus, nous sommes rentrés à pied.

Déni

Le déni de réalité qui, de nos jours, affecte en Occident une partie grandissante des populations,  peut aussi s'énoncer, et de manière combien plus frappante, au moyen de cette formule: la crainte d'être confronté à l'horreur de la réalité.

dimanche 7 décembre 2014

Marathon de Málaga

Le départ du marathon de Málaga est donné à 8h30, sur la promenade, face au port de plaisance. Température fraîche - quelques douze degrés - et un vent de face. Les dix premiers kilomètres nous mènent en direction de Rincón de la Victoria. J'ai pris la précaution de recharger les batteries de ma montre de sport deux jours avant de prendre l'avion, mais au moment de la balancer dans la valise, le mécanisme s'est déclenché et ce matin elle est à plat de sorte que je ne peux mesurer la fréquence cardiaque, seule information que j'utilise habituellement pour tenir un rythme. J'adopte donc une autre méthode: je fixe un coureur, me place dans son sillage; je le dépasse s'il ralentit, j'en trouve un autre à suivre s'il accélère. Au terme de la première heure de course nous sommes de retour au centre-ville et courons les dix kilomètres suivants en direction de Torremolinos. Là, nous tournons autour du stade pour longer un moment la semi-autoroute de l'aéroport et revenons au centre. J'avale avec peine une barre de céréales (comment mâcher sans s'étouffer?) et dépasse le panneau des 25km. Ensuite, longue remontée sur une route qui mène aux montagnes (celles-là mêmes dont l'ascension à vélo, après 1000 kilomètres de route, en raison d'un vent contraire qui nous clouait sur place, avait été si pénible il y a trois ans), le dos à la mer. Certains coureurs lâchent et poursuivent à la marche, d'autres traînent la patte quand d'autres discutent et plaisantent, heureux et décontractés. Mon frère m'a mis en garde contre le "mur des 30 kilomètres". Rien de tel. En revanche, les trois derniers kilomètres, au milieu des passants qui font leurs emplettes de Noël, me font souffrir. Côté souffle aucun problème, mais les jambes! Je passe la ligne d'arrivée à 4h14 mn.