vendredi 8 avril 2011

Enfin Gala au téléphone. - Où es-tu? Silence. Et pour laisser faire, silence de mon côté. Mais au bout d'un temps de discussion, elle dit: je dois te dire quelque chose d'énorme. Qu'elle ne dit pas. J'insiste.
- J'ai déménagé, pour l'instant je me suis arrêté dans les Cévennes, je dessine, après, je ne sais pas.
La justice a à peu près le talent des magistrats qu'elle emploie.
La guerre est le moyen qu'a trouvé la nature pour forcer l'imagination des hommes à rejoindre la nécessité.
Verre d'eau. J'aime. Avec une table de matière noble et une température à fouetter l'esprit.
De grandes, de vastes traditions mais une incapacité à les mettre en dialogue de sorte que nous bêlons ou nous poussons des cris.
Un journal me demande un texte sur l'eau. Je cherche. Et plus je cherche, plus je me convainc que l'eau n'est pas mon élément.
C. écrit qu'elle est renvoyée de son travail. Qu'elle espère ne pas rechuter. J'ignorais qu'elle avait chuté. Dépression. Un médicament lui a permis de reste entière. Elle continue de le prendre. Trop angoissée, me dit-elle. Lorsque je la connaissais, je ne voyais que cela: une fille consolidée par une morale et des exigences intellectuelles que la société vomit.
A propos de Malaparte niant toutes les idéologies; il ne croyait que dans son moi et y ajoutait une morale de la force.
Ceux qui entretiennent une ambition. Aujourd'hui, autant de demander quel avenir ont les macchabées.
Mes bras trop longs de sorte que je ne peux atteindre ma queue, et le mouvement de balancier n'y fait rien, je suis trop haut ou trop bas, de sorte que je mouille.
Notre façon de vivre est ridicule, mais au-delà d'un certain ridicule, on ne pleure plus, on se cramponne.
Si peu accordés à nous-mêmes. Se débattant. La pensée par jets nerveux cherche à atteindre, pour le ramener dans le giron, ce qui manque, surtout des accords, afin que les éléments disparates et souvent étrangers de nos vies fassent musique.
Plantes et fleurs, dans le détail, les chemins qui les mènent au ciel, sous les arbres, et les arbres, qui s'élèvent, cela n'est saisi que tard, avec l'âge, à travers l'intuition brève mais toute irradiante d'une appartenance au même règne.
Soirée cauchemar. A mon bureau, face aux étoiles qui montent, j'échange trois heures de suite des messages courts via mail et portable avec Gala, ne sachant où elle est ni avec qui ni pourquoi, et je démarre soudain la BMW, roule au village voisin, la cache derrière la poste, monte à pied, par les jardins, vers sa location, vois qu'elle n'est pas là, qu'elle est peut-être où elle dit être, dans les Cévennes. Et de retour face aux étoiles, chez moi, à mon bureau,, je décapsule la cannette suivante, l'estomac déjà gros de blonde, vois si elle a répondu à mon message précédent (tout en admettant qu'elle ne répond jamais) et raconte, par le mail toujours, à S. et C. dans quel cauchemar je me débats, sachant qu'elles sont avec leurs maris et leurs enfants et que je n'aurai la réponse, au plus tôt, qu'à la pointe du jour.
L'électricien polonais, tout le jour, ancien bagnard, la bedaine considérable, ballade dans la maison son odeur. Comme je fais du vélo dans l'atelier et qu'il tire des câbles, se rapproche, je lis le compte à rebours sur le compteur, souhaitant qu'il ne fasse pas irruption avant que j'ai fini d'aspirer mes kilomètres d'air propre.
Le chat jette sur le carrelage, la moquette, la table des animaux mutilés et miaule pour que je vienne constater l'issue victorieuse du combat.
La descente au paradis.