vendredi 21 novembre 2008

Pluie, brouillard, champs inondés à Lhôpital. Les arbres touchent le sol, les chats filent.
Vendredi - rentré tôt avec ce poulet que je traîne dans mon coffre depuis lundi. Et seul.
L'une ne veut plus me voir pour ne pas tomber amoureuse, l'autre ne veut plus me voir... mais pourquoi? Et d'abord où est-elle? 49 tentatives d'appel hier. A chaque fois dix sonneries puis le vide. Toutes les deux heures, message d'insultes ou provocation. Dans l'intervalle , la calculette crépite, les négociations ont lieu avec des festivals, des pièces, des concerts et des galas, des conférences, des ceci et des cela. Et dans la rue, ignorance générale, veulerie et pas d'affiches. Les fonctionnaires par milliers arrachent les affiches que nous posons et mettent la culture à la poubelle. L'argent remplit notre caisse, l'Etat l'ouvre et se sert.
Puis chant des enfants dans l'aula du collège Calvin. Pour Haïti. Parents invités à verser l'obole. Bons sentiments, déclarations, enfants épuisés - les nôtres - venus répéter le matin, repartis et revenus.
Plus tard, seul, au restaurant des espagnols, le propriétaire et sa famille mangent une raclette. Dans un coin je bois. Au téléviseur, un jeu à esbrouffe, en direct de Galice. La nuit au bureau. Pas de fenêtres. Sac de couchage, chaleur plane. Vérification des téléphones. Derniers messages.
A midi une agence de publicité me réclame deux employés. Pour quand? Tout de suite. Je les trouve. Que feront-ils? L'agence ne sait pas. Puis elle le sait: monter un stand. Où se trouve le stand? Il faut le trouver. Le commander. Vous savez comment faire? demande l'agence. Vos employés devront servir du thé chaud à des professeurs d'université et leur expliquer... quelque chose.
- Je vous envoie deux mexicains manutentionnaires.
-...
- Ce ne sont pas des intellectuels.
Plus tard, le publicitaire s'est renseigné:
- Une des mes secrétaires prendra connaissance des documents, envoyez-moi des bras. Il faudra aussi que vos employés demande l'autorisation à la Ville... pour le stand.
- Il faut s'y prendre deux semaines à l'avance...
- Je vois. Laissez-moi rappeler l'université.
Là-dessus mes employés partent au rendez-vous. Une heure pous tard l'un d'entre eux appelle:
- Tu pourrais leur prêter la camionnette... pour transporter le stand.
Et à seize heures:
- Nous sommes sur place, avec le stand, tout est annulé, ils n'ont pas l'autorisation.
- Ils t'ont payé?
- Non.
Le mexicain qui avait placé son fils en hâte:
- Je vais annuler la garderie.
G. grand, cultivé et ivre. Atentif aux femmes, trop . Elles frémissent et se dérobent. C'est aussi sa politesse. D'une autre société. Puis il ne croit pas qu'il va repartir avec une fille au bras et cela se voit. Pour compenser, il boit, et vite. A son habitude, flatte, sincère cependant. Je n'y échappe pas: il me présente et me représente. Et à brûle-pourpoint, il dit: si je ne fais pas cela, je vais dormir sous les ponts.
Maison en retrait avec ses ruines. Des tapis de feuilles au sol, des planches. Dans la grange, vaste lumière, mobilier neuf. Elle me précède, me présente à un garçon à lunettes qui touille une salade. Quand nous mangeons, c'est son amant. Ils sont séparés. Le repas avance, la situation est moins claire. Elle se penche vers moi, vers lui. Encore vers lui et je me retire un peu. Alors elel me prend la bouche. Il n'y a qu'un lit. Lui part. Le matin, au réveil - à l'aube - il est dans la cuisine. La salle de bains, petite, à deux portes. Elle m'embrasse et sort. Sa voiture démarre. Il est derrière, je me rase.