jeudi 13 avril 2017

Circonlocution

Demain Jésus n'est pas mort.

Avion

Jamais je n'ai aimé l'avion. Il me fascine. Enfant, je retenais mon souffle. Les hôtesses de la Finnair, quand je voyageais à bord de Boeing 727 à moitié vide à destinés à Helsinki m'apparaissaient comme des figures surhumaines qui me sauraient gré de demeurer muet dans mon siège tout au long du vol. Aujourd'hui, à l'heure de la bétaillère générale, je me demande plutôt si le robot , au moment de me transporter dans le ciel na va pas changer d'avis. Et j'ai un volé demain matin.

Noir

Folie des grands acteurs du dark metal. Mayhem, Gorgortoh, Abbath. Ils la mettent en musique et en scène pour ne pas succomber au quotidien. Elle les enferme dans leur mythologie satanique et reconduit la folie.

Détacher

Sans cesse j'imagine une littérature sans accroche, détachée du poids de l'intention. Nul doute que celui-ci ne se soit allégé (par rapport au XVIIème?), mais il continue de tirer l'écrivain vers d'obligatoires conséquences. Les  tentatives de rupture violente ont marqué le siècle révolutionnaire, le précédent, mais ni les potaches travaillant le vitriol derrière Jarry ni les adeptes automatiques de Breton ni, dans l'autre continent, le flux de conscience des hippies, malgré les génies embarqués dans l'affaire n'ont réussi à produire à la fois des textes délivrés et renversant le réel (notant cela, j'ai un doute quant à la pertinence de l'affirmation s'agissant de la fausse oralité des beats, ludions d'une éloquente efficacité); ce qu'il faudrait, c'est une vaste oraison, mot produisant des discours produisant des mots, sans quitter du regard ce réel terrestre pourri et inféodé au puissant organigramme de l'électronique dans lequel circulent nos corps routiniers. Personne moins que moi ne s'est montré capable d'une telle prouesse, diaboliquement informé que je suis par les telluriques de l'invisible académie du rationnel qui enseigne à coups de matraque (mais le recevoir permet aussi de vivre dans une société de paix) que l'idée bien formée précède l'expression. Eh bien, je crois le moment venu de passer outre. Donner dans la geste, prendre ses outils d'écriture pour les jeter devant soi. Il faut essayer. Je vais essayer. D'ailleurs, il n'y a pas un soir que je ne me couche en essayant, cela depuis dix, vingt ans même. Mais je réservais cette littérature sans accroche et des moments marginaux, je les y cantonnais.  

Nous

Nous sommes la dernière génération dangereuse. Après, nous aurons passé le stade de l'homme.

mercredi 12 avril 2017

Profiter

La période est mauvaise; resplendissant le temps et heureux les gens au village à l'approche des processions de Pâques, douce la mer,  vivantes les plages, mais mauvaise la période. Comme si les décisions prises en novembre venaient à maturité aujourd'hui - l'achat de la maison de montagne, ce nouvel appartement. Pachydermique selon son habitude, la grande administration du réel s'est mise en branle. Elle lâche ses fruits sur ma tête. J'essuie. Tout à mes corrections, je dois m'interrompre, faire des téléphones, prendre un avocat, protester, écrire des lettres. Et puis il y a la partie matérielle, l'installation, l'occupation des surfaces, la conquête du vide. Les lits que l'on m'apporte ont la bonne taille, mais les pieds sont mal positionnés, ils ne font pas gigogne; j'achète une scie sauteuse pour découper un meuble, il me tombe dans les mains, retourne à la poussière; il faut évacuer, faire un tas, peller, incinérer. Jesus appelle. Il a enfin trouvé la solution pour l'ordinateur. En effet, branché dans le salon, il démarre, veut bien m'écouter, s'ouvrir. Mais alors, les câbles sont trop courts et me voici reparti chez les Chinois. Gala, une fois de plus menace de faire ses valises. Pourquoi? Je ne sais plus. On sait une fois, deux... après, on perd le compte. Je file au club, ma bats pendant deux heures. Me voilà requinqué. Mais alors je suis épuisé. Je monte à l'étage, je dors dix heures. Pendant ce temps, les fruits continuent de peser sur les branches et de s'abattre sur ma tête. L'administration occupe le ciel. Non sans surprises d'ailleurs: l'avocat dont je réclame l'intervention pour qu'il me récupère une somme qu'une société de commerce a abusivement prélevé sur mon compte me dit: "écoutez, abandonnez! Vous avez raison, ces multinationales sont des voleurs, mais nous allons vous remboursez, entreprendre quoique ce soit sur ce dossier serait trop incertain". Justice chaque jour différée. Vous qui avez raison, vous avez tort! Du Beaumarchais! Qui s'y connaissait en justice, lui qui n'a fait que fuir. Cependant, les corrections de l'essai sont en attente sur le bord du bureau. Et il me faut une chemise pour le salon du livre, une torche pour les exercices de nuit, un veste pour le ski, des lattes aussi, à moins qu'il n'y  ait plus de neige en Savoie, donc il faudra des chaussures de marche, et une voiture... pour aller en France, et un permis, pour passer la frontière. Commençons par le début: demain, il y a l'avion pour la Suisse. J'irai le manuscrit sous le bras. Une fois passé les vingt minutes de bla-bla sécuritaire (un masque respiratoire a-t-il jamais sauvé le passager d'un avion qui s'écrase?), on vous laisse profiter de votre mètre carré d'espace vital. Profitons!

lundi 10 avril 2017

Nuage d'inconnaissance

La fiabilité de l'information est aujourd'hui revenue au niveau qui fut le sien avant l'invention du télégraphe, et cela par des raisons inversement proportionnelles: l'imprécision liée à la multiplicité des intermédiaires autrefois, la saturation des rapports liée à l'immédiateté de la diffusion aujourd'hui.