dimanche 10 novembre 2019

Vélo pour l'aéroport

Départ pour Madrid. Je pars en cuissards, aussi ai-je envoyé mes habits en poste restante. Je les prendrai au passage, à Guadalajara. J'ai trois jours, l'avion décolle jeudi. Plus que 450 kilomètres.

samedi 9 novembre 2019

Cycle

Au fond, personne, à quelque rare exception près, ne sait ce qu'il pourrait faire sinon recharger par le sommeil l'énergie qu'il épuisera par la fatigue. Les actes qui permettent ce tour de force étant par ailleurs indifférents.

Rassurant...

...de penser qu'il y a des gens qui remplissent leur définition. Pete Doherty est une rock star.

Libre

Discussion avec Gala. Elle me dit (et je sais, et je constate): "toujours, j'ai été libre". Facilité à se mouvoir, à inventer le présent, à composer avec l'adversité, toutes choses qui relèvent du don, mais aussi, ce qui est moins répandu, désintéressement, une vertu. Ce à quoi j'objecte - "fait remarque" est plus juste -  que c'est propre à sa génération, époque 1970: le progrès était là, il paraissait sans fin. Force est d'admettre: cela n'explique pas tout. Et j'en reviens à la liberté, la mienne: jamais, dirais-je à part moi, je n'ai été aussi libre. Sans prétention, je mets quiconque au défi d'être aussi libre. Non par plaisir de défier (je m'en fous), mais pour que mesure soit possible. Libre. Et quoi? Justement, je ne sais pas. Sinon que ce n'est pas facile. Et qu'aucun retour à la situation antérieure n'est envisageable.

Condition

Le destin malheureux de l'homme est d'être en retard sur son destin.

21

Tiré des déterminations animales, miné par le scepticisme, n'ayant aucune vocation sur terre, il est normal que nous ne songions qu'à notre perte, sauf à faire la propagande de notre capacité à dépasser cette perte.

Vélo

Toujours dans mon idée de me rendre à Bangkok à pied ou à vélo. Paysage de désordre devant, obstacles sans compte, silence et volonté, défaite du social, exhaussement. J'y reviens comme je prépare ce soir, à Agrabuey, mon vélo de randonnée pour gagner Madrid en trois jours (je prends un avion pour la Suisse) - il y près de cinq cent kilomètres. Cela n'est rien; depuis mai, je suis en contact avec les organisateurs de la Transpyrénéenne. Routes aléatoires, chemins, le tout sur 1500 km, un dénivelé fou… Le vainqueur met trois jours. Hier au bar, avalant du vin Somontano, les jeunes guides me disaient qu'en octobre un candidat était passé par le village. Il arrivait de Biarritz, mettait pied à terre pour le première fois. Il a fumé un cigarette, Mari-Luz lui a servi un café double. Station de quelques minutes, il est reparti.